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Journal en français facile 27/04/2019 20h00 GMT

Transcription

Charlotte Lalanne : Vous écoutez RFI il est 22 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. À mes côtés pour le présenter, Namouri Dosso, bonsoir Namouri.

Namouri Dosso : Bonsoir Charlotte, bonsoir à tous.

CL : Un vote à plusieurs inconnus en Espagne. Les électeurs sont appelés aux urnes demain pour des législatives anticipées, au terme d’une campagne très agressive qui pourrait bien desservir la droite. On sera à Madrid dès le début de ce journal.

ND : Au Sri Lanka, 16 personnes ont été tuées dans une fusillade à Kalmunai. Un assaut de la police sur des jihadistes présumés a mal tourné.

CL : Vladimir Poutine dit non à Donald Trump : le président russe n’augmentera pas la production de pétrole pour compenser les effets de l’embargo américain sur le brut iranien. 

ND : et puis la mobilisation des gilets jaunes en France. Elle est en baisse ce samedi : un peu plus de 23 000 manifestants et des heurts à Strasbourg.

------

ND : L’Espagne est à quelques heures d’un vote décisif.

CL : Pour la troisième fois en moins de quatre ans, les Espagnols vont voter ce dimanche… pour élire leurs députés en vue de former un nouveau gouvernement. En jeu : 350 sièges de députés, 208 de sénateurs. Alors qui gouvernera l’Espagne de demain ? Beaucoup d’incertitudes encore. Le Parti socialiste au pouvoir a semble-t-il une petite longueur d’avance, mais sauf surprise aucun parti n’aura de majorité absolue. Quant à l’opposition de droite, elle pourrait bien faire les frais, c’est-à-dire subir la campagne très divisée qui vient de s’achever. À Madrid, Béatrice Leveillé.

La campagne électorale a été virulente. Le parti populaire, longtemps seul à droite, a éclaté avec l’arrivée de Ciudadanos, plus libéral il y a une dizaine d’années, et puis plus récemment du nouveau parti d’extrême droite Vox. Le dirigeant du PP Pablo Casado s’est écharpé avec Albert Rivera, le dirigeant de Ciudadanos qui le talonne dans les sondages. Les insultes ont fusé à droite, Vox donnant le ton d’une campagne agressive. Un combat fratricide qui pourrait faire perdre des voix à la droite. D’autant qu’un certain engouement pour Vox pourrait se faire aux dépens du parti populaire qui serait le grand perdant des élections. C’est le pari de Pablo Iglesias, le leader du parti d’extrême gauche, Podemos, allié du parti socialiste au gouvernement. Il se dit optimiste, car pendant la campagne la droite n’a pas parlé des problèmes qui touchent vraiment les Espagnols : l’éducation, la santé, le logement ou encore l’emploi. Les électeurs ne sont pas dupes, dit-il. Une seule chose est sûre, à l’issue de ces élections, l’Espagne sera gouvernée complètement différemment si la droite l’emporte grâce à la poussée de l’extrême droite. Béatrice Leveillé, Madrid, RFI.

ND : Au Sri Lanka, la police continue de traquer, c’est-à-dire de rechercher activement, les jihadistes.

CL : La nuit dernière, 16 personnes ont été tuées lors d’un assaut de la police contre des terroristes présumés. Cela s’est passé dans la ville de Kalmunai, dans l’est du pays. Une province à majorité musulmane, province dont était originaire le cerveau des attentats, tué la veille, Zahran Hashim. Des hommes armés ont ouvert le feu sur la police qui se préparait à un assaut sur une maison. La fusillade a durépendant plusieurs heures.

ND : L’actualité, Charlotte au Sri Lanka, on part en Chine, où il est actuellement 4 heures et 5 minutes où vient de se terminer le 2e forum des nouvelles routes de la soie. À la clef 57 milliards d’euros d’accord pour développer ce projet.

CL : Une initiative pharaonique, entendez immense : mille milliards de dollars d’investissements dans des infrastructures pour relier la Chine à l’Europe. Une quarantaine de dirigeants étrangers et 800 entreprises avaient été invités par Xi Jinping. Le président chinois qui a vanté les mérites de ce projet, vert et durable a-t-il juré. À ses côtés pour ce sommet, les Premiers ministres italiens et pakistanais notamment, mais aussi le président russe.

ND : Vladimir Poutine qui tourne le dos aux États-Unis : pas question d’augmenter la production de pétrole.

CL : Et oui en pleine flambée des prix du brut ces derniers mois, et alors que les États-Unis ont durci leur embargo sur le pétrole iranien. Le président russe se positionne en garant des accords de l’OPEP. Les précisions à Moscou de Jean-Didier Revoin.

Les accords conclus entre la Russie et l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, en vue de coordonner leur production, sont valables jusqu’en juillet et depuis Pékin, où il participe au sommet des nouvelles routes de la soie, Vladimir Poutine a fait savoir qu’il n’entendait pas y déroger en augmentant le volume de la production russe de pétrole. Il a par ailleurs souligné qu’il ne pouvait pas imaginer comment le marché réagira au renforcement de l’embargo des États-Unis sur les exportations de brut iranien qui entrera en vigueur le 1er mai prochain. Une fin de non-recevoir, donc, adressée aux doléances américaines. Pour éviter une flambée des cours du brut, Donald Trump souhaite en effet que d’autres pays accroissent leur production pour pallier la suspension des livraisons d’or noir iranien. Selon le président russe, cette suggestion n’aurait pas trouvé d’écho favorable au sein des pays de l’OPEP et pour enfoncer le clou, Vladimir Poutine n’a pas manqué d’affirmer que, le cas échéant, la Russie était prête à satisfaire la demande en pétrole de nombreux pays, tout en espérant que l’Iran pourrait continuer à exporter le sien. Jean-Didier Revoin, Moscou, RFI.

ND : Moins de monde et moins de violences pour ce 24e samedi de mobilisation des gilets jaunes. 

CL : Ils étaient 23 600 dans la rue selon le ministère de l’Intérieur. Un chiffre contesté par les gilets jaunes, qui revendiquent, eux, plus de 60 000 participants. À Paris, la CGT est venue grossir les rangs du cortège, le syndicat avait appelé à rejoindre la lutte ce samedi. Et vous le disiez, Namouri, la journée s’est passée dans le calme globalement, sauf à Strasbourg, où la tension est montée. La police est intervenue pour barrer la route aux protestataires, qui voulaient marcher vers le Parlement européen. Parmi ces manifestants, il y avait Jean François Mouger, écoutez.

« C’est pour le symbole oui, mais qu’est-ce que vous voulez faire ? C’est comme ça. Tout se passait bien, mais ils nous gazent partout… Moi je n’ai jamais jeté un caillou, rien, rien, mais alors rien de rien… Et je me fais gazer tous les samedis ». Et là, normalement, le président a annoncé des mesures, ça vous… ? « Non il n’a pas annoncé des mesures, il a annoncé ce qu’il avait déjà dit qu’il ferait, et pas un mot sur la justice fiscale, rien sur le RIC (Référendum d’initiative citoyenne). Nous, c’est pas ça qu’on veut. On veut le RIC, on veut que les citoyens prennent en charge leur destinée, pas un monsieur qui décide de tout. Moi j’ai une bonne retraite, il n’y a pas de souci de ce côté-là. Moi je me bats pour l’injustice fiscale, l’injustice sociale, c’est pour ça que je me bats. C’est pas pour qu’on m’augmente mon petit confort personnel. Moi c’est pour mes enfants, mes petits-enfants, c’est pour ces gens-là que je me bats. Là, il a remis le couvercle sur la cocotte-minute, mais le feu est toujours dessous. »

CL : Propos recueillis à Strasbourg par Angélique Ferrat. Et puis du football ce soir.

ND : Ce soir, c’est la finale de la coupe de France. Rennes affronte le Paris Saint Germain au Stade de France. Et actuellement les deux équipes sont à un score nul : 2 partout. Dani Alves a ouvert le score pour le Paris Saint Germain, suivi de Neymar. Ensuite, Presnel Kimpembe a marqué contre son camp, avant que Mexer égalise à la 66e minute. Actuellement les 2 équipes jouent la 75e minute de jeu. 

CL : Et tout de suite le mot de la semaine. Le mot de la semaine, « précaire », Yvan Amar.

Où en est le chômage en France en ce moment ? Les réponses sont contrastées. Ce qui veut dire qu’il y en a plusieurs et qu’elles sont différentes, et même opposées puisqu’elles sont contrastées. Alors on a, d’un côté, une relativement bonne nouvelle, c’est-à-dire que le chômage proprement dit recule : il y a moins de gens qui n’ont aucun emploi en ce début 2019 qu’au début 2018. Par contre les emplois précaires sont plus nombreux qu’avant ; plus de gens ont un travail à temps partiel, qui ne leur suffit pas, et qui est susceptible de s’arrêter brusquement, qui peut s’arrêter, disparaître d’un mois à l’autre. C’est bien cela un emploi précaire : d’abord un emploi fragile, qui n’est pas sûr, pas garanti, on ne peut pas compter dessus. Et ce mot, « précaire », s’utilise parfois dans d’autres circonstances. En particulier on parle de santé précaire quand on n’est pas assuré de ne pas tomber ou retomber malade. Et si l’on parle de santé précaire, c’est qu’on n’est pas réellement atteint, mais qu’on est faible, pas très solide, un peu chancelant, c’est-à-dire pas très assuré sur ses jambes. Mais le plus souvent on se sert du mot à propos d’économie. C’est un adjectif, mais ça peut devenir un nom : les précaires, ce sont justement ceux qui justement n’ont pas un travail stable. Et souvent on pense à ceux qui ont plusieurs activités pour joindre les deux bouts : des petits boulots comme on dit souvent : des emplois souvent non déclarés, sans contrat, mal payé, qu’on fait au coup par coup : une journée ici, et puis trois heures là. Et le plus souvent sans qualification et sans formation. Seulement, ça dépanne, alors on est dépanné, mais bien souvent en est exploité !

CL : Yvan Amar, pour le mot de la semaine. C’est la fin de ce Journal en français facile, merci à vous Namouri Dosso de l’avoir présenté avec moi.

ND : Merci à vous, Charlotte Lalanne.



Voir le flux - 29/04/2019 08:29:16

Journal en français facile 27/04/2019 20h00 GMT

Transcription

Charlotte Lalanne : Vous écoutez RFI il est 22 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. À mes côtés pour le présenter, Namouri Dosso, bonsoir Namouri.

Namouri Dosso : Bonsoir Charlotte, bonsoir à tous.

CL : Un vote à plusieurs inconnus en Espagne. Les électeurs sont appelés aux urnes demain pour des législatives anticipées, au terme d’une campagne très agressive qui pourrait bien desservir la droite. On sera à Madrid dès le début de ce journal.

ND : Au Sri Lanka, 16 personnes ont été tuées dans une fusillade à Kalmunai. Un assaut de la police sur des jihadistes présumés a mal tourné.

CL : Vladimir Poutine dit non à Donald Trump : le président russe n’augmentera pas la production de pétrole pour compenser les effets de l’embargo américain sur le brut iranien. 

ND : et puis la mobilisation des gilets jaunes en France. Elle est en baisse ce samedi : un peu plus de 23 000 manifestants et des heurts à Strasbourg.

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ND : L’Espagne est à quelques heures d’un vote décisif.

CL : Pour la troisième fois en moins de quatre ans, les Espagnols vont voter ce dimanche… pour élire leurs députés en vue de former un nouveau gouvernement. En jeu : 350 sièges de députés, 208 de sénateurs. Alors qui gouvernera l’Espagne de demain ? Beaucoup d’incertitudes encore. Le Parti socialiste au pouvoir a semble-t-il une petite longueur d’avance, mais sauf surprise aucun parti n’aura de majorité absolue. Quant à l’opposition de droite, elle pourrait bien faire les frais, c’est-à-dire subir la campagne très divisée qui vient de s’achever. À Madrid, Béatrice Leveillé.

La campagne électorale a été virulente. Le parti populaire, longtemps seul à droite, a éclaté avec l’arrivée de Ciudadanos, plus libéral il y a une dizaine d’années, et puis plus récemment du nouveau parti d’extrême droite Vox. Le dirigeant du PP Pablo Casado s’est écharpé avec Albert Rivera, le dirigeant de Ciudadanos qui le talonne dans les sondages. Les insultes ont fusé à droite, Vox donnant le ton d’une campagne agressive. Un combat fratricide qui pourrait faire perdre des voix à la droite. D’autant qu’un certain engouement pour Vox pourrait se faire aux dépens du parti populaire qui serait le grand perdant des élections. C’est le pari de Pablo Iglesias, le leader du parti d’extrême gauche, Podemos, allié du parti socialiste au gouvernement. Il se dit optimiste, car pendant la campagne la droite n’a pas parlé des problèmes qui touchent vraiment les Espagnols : l’éducation, la santé, le logement ou encore l’emploi. Les électeurs ne sont pas dupes, dit-il. Une seule chose est sûre, à l’issue de ces élections, l’Espagne sera gouvernée complètement différemment si la droite l’emporte grâce à la poussée de l’extrême droite. Béatrice Leveillé, Madrid, RFI.

ND : Au Sri Lanka, la police continue de traquer, c’est-à-dire de rechercher activement, les jihadistes.

CL : La nuit dernière, 16 personnes ont été tuées lors d’un assaut de la police contre des terroristes présumés. Cela s’est passé dans la ville de Kalmunai, dans l’est du pays. Une province à majorité musulmane, province dont était originaire le cerveau des attentats, tué la veille, Zahran Hashim. Des hommes armés ont ouvert le feu sur la police qui se préparait à un assaut sur une maison. La fusillade a durépendant plusieurs heures.

ND : L’actualité, Charlotte au Sri Lanka, on part en Chine, où il est actuellement 4 heures et 5 minutes où vient de se terminer le 2e forum des nouvelles routes de la soie. À la clef 57 milliards d’euros d’accord pour développer ce projet.

CL : Une initiative pharaonique, entendez immense : mille milliards de dollars d’investissements dans des infrastructures pour relier la Chine à l’Europe. Une quarantaine de dirigeants étrangers et 800 entreprises avaient été invités par Xi Jinping. Le président chinois qui a vanté les mérites de ce projet, vert et durable a-t-il juré. À ses côtés pour ce sommet, les Premiers ministres italiens et pakistanais notamment, mais aussi le président russe.

ND : Vladimir Poutine qui tourne le dos aux États-Unis : pas question d’augmenter la production de pétrole.

CL : Et oui en pleine flambée des prix du brut ces derniers mois, et alors que les États-Unis ont durci leur embargo sur le pétrole iranien. Le président russe se positionne en garant des accords de l’OPEP. Les précisions à Moscou de Jean-Didier Revoin.

Les accords conclus entre la Russie et l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, en vue de coordonner leur production, sont valables jusqu’en juillet et depuis Pékin, où il participe au sommet des nouvelles routes de la soie, Vladimir Poutine a fait savoir qu’il n’entendait pas y déroger en augmentant le volume de la production russe de pétrole. Il a par ailleurs souligné qu’il ne pouvait pas imaginer comment le marché réagira au renforcement de l’embargo des États-Unis sur les exportations de brut iranien qui entrera en vigueur le 1er mai prochain. Une fin de non-recevoir, donc, adressée aux doléances américaines. Pour éviter une flambée des cours du brut, Donald Trump souhaite en effet que d’autres pays accroissent leur production pour pallier la suspension des livraisons d’or noir iranien. Selon le président russe, cette suggestion n’aurait pas trouvé d’écho favorable au sein des pays de l’OPEP et pour enfoncer le clou, Vladimir Poutine n’a pas manqué d’affirmer que, le cas échéant, la Russie était prête à satisfaire la demande en pétrole de nombreux pays, tout en espérant que l’Iran pourrait continuer à exporter le sien. Jean-Didier Revoin, Moscou, RFI.

ND : Moins de monde et moins de violences pour ce 24e samedi de mobilisation des gilets jaunes. 

CL : Ils étaient 23 600 dans la rue selon le ministère de l’Intérieur. Un chiffre contesté par les gilets jaunes, qui revendiquent, eux, plus de 60 000 participants. À Paris, la CGT est venue grossir les rangs du cortège, le syndicat avait appelé à rejoindre la lutte ce samedi. Et vous le disiez, Namouri, la journée s’est passée dans le calme globalement, sauf à Strasbourg, où la tension est montée. La police est intervenue pour barrer la route aux protestataires, qui voulaient marcher vers le Parlement européen. Parmi ces manifestants, il y avait Jean François Mouger, écoutez.

« C’est pour le symbole oui, mais qu’est-ce que vous voulez faire ? C’est comme ça. Tout se passait bien, mais ils nous gazent partout… Moi je n’ai jamais jeté un caillou, rien, rien, mais alors rien de rien… Et je me fais gazer tous les samedis ». Et là, normalement, le président a annoncé des mesures, ça vous… ? « Non il n’a pas annoncé des mesures, il a annoncé ce qu’il avait déjà dit qu’il ferait, et pas un mot sur la justice fiscale, rien sur le RIC (Référendum d’initiative citoyenne). Nous, c’est pas ça qu’on veut. On veut le RIC, on veut que les citoyens prennent en charge leur destinée, pas un monsieur qui décide de tout. Moi j’ai une bonne retraite, il n’y a pas de souci de ce côté-là. Moi je me bats pour l’injustice fiscale, l’injustice sociale, c’est pour ça que je me bats. C’est pas pour qu’on m’augmente mon petit confort personnel. Moi c’est pour mes enfants, mes petits-enfants, c’est pour ces gens-là que je me bats. Là, il a remis le couvercle sur la cocotte-minute, mais le feu est toujours dessous. »

CL : Propos recueillis à Strasbourg par Angélique Ferrat. Et puis du football ce soir.

ND : Ce soir, c’est la finale de la coupe de France. Rennes affronte le Paris Saint Germain au Stade de France. Et actuellement les deux équipes sont à un score nul : 2 partout. Dani Alves a ouvert le score pour le Paris Saint Germain, suivi de Neymar. Ensuite, Presnel Kimpembe a marqué contre son camp, avant que Mexer égalise à la 66e minute. Actuellement les 2 équipes jouent la 75e minute de jeu. 

CL : Et tout de suite le mot de la semaine. Le mot de la semaine, « précaire », Yvan Amar.

Où en est le chômage en France en ce moment ? Les réponses sont contrastées. Ce qui veut dire qu’il y en a plusieurs et qu’elles sont différentes, et même opposées puisqu’elles sont contrastées. Alors on a, d’un côté, une relativement bonne nouvelle, c’est-à-dire que le chômage proprement dit recule : il y a moins de gens qui n’ont aucun emploi en ce début 2019 qu’au début 2018. Par contre les emplois précaires sont plus nombreux qu’avant ; plus de gens ont un travail à temps partiel, qui ne leur suffit pas, et qui est susceptible de s’arrêter brusquement, qui peut s’arrêter, disparaître d’un mois à l’autre. C’est bien cela un emploi précaire : d’abord un emploi fragile, qui n’est pas sûr, pas garanti, on ne peut pas compter dessus. Et ce mot, « précaire », s’utilise parfois dans d’autres circonstances. En particulier on parle de santé précaire quand on n’est pas assuré de ne pas tomber ou retomber malade. Et si l’on parle de santé précaire, c’est qu’on n’est pas réellement atteint, mais qu’on est faible, pas très solide, un peu chancelant, c’est-à-dire pas très assuré sur ses jambes. Mais le plus souvent on se sert du mot à propos d’économie. C’est un adjectif, mais ça peut devenir un nom : les précaires, ce sont justement ceux qui justement n’ont pas un travail stable. Et souvent on pense à ceux qui ont plusieurs activités pour joindre les deux bouts : des petits boulots comme on dit souvent : des emplois souvent non déclarés, sans contrat, mal payé, qu’on fait au coup par coup : une journée ici, et puis trois heures là. Et le plus souvent sans qualification et sans formation. Seulement, ça dépanne, alors on est dépanné, mais bien souvent en est exploité !

CL : Yvan Amar, pour le mot de la semaine. C’est la fin de ce Journal en français facile, merci à vous Namouri Dosso de l’avoir présenté avec moi.

ND : Merci à vous, Charlotte Lalanne.



Voir le flux - 29/04/2019 08:29:16

Journal en français facile 28/04/2019 20h00 GMT

Transcription

Charlotte Lalanne : Vous écoutez RFI il est 22 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile, en compagnie de Namouri Dosso, bonsoir Namouri.

Namouri Dosso : Bonsoir Charlotte, bonsoir à tous.

CL : À la une de l’actualité ce soir : pas de majorité en vue en Espagne, mais le parti socialiste est donné vainqueur selon les premiers résultats des élections législatives. Autre information clef de scrutin : la percée historique de l’extrême droite, le parti Vox obtiendrait 9 % des voix.

ND : Des législatives au Bénin également, pas encore de tendances. Une chose est sûre : peu d’électeurs se sont rendus aux urnes. Il faut dire que l’opposition avait été privée de candidat.

CL : À la une également, l’Iran qui défie les États-Unis. L’armée iranienne a survolé un porte-avions américain dans le golfe persique.

ND : Et puis comme chaque dimanche l’expression de la semaine avec Yvan Amar. Ce soir : « Embrasser une cause ».

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ND : Quel gouvernement pour l’Espagne demain ? 

CL : Difficile à dire ce soir, à l’issue des élections législatives. Le Premier ministre socialiste sortant est donné gagnant, mais sans majorité absolue. Les premiers résultats, encore partiels, créditent le Parti Socialiste de 30 % des voix, suivi du parti populaire de droite, 17 % des suffrages, talonné par l’extrême gauche de Podemos, à 14 %. En quatrième position Ciudadanos, le parti de centre droit. Et puis autre formation regardée de très près : la toute jeune Vox, l’extrême droite qui fait une percée au parlement, puisqu’elle aurait séduit 9 % au moins des électeurs... C’est la première fois depuis 40 ans qu’une formation d’extrême droite va siéger au Parlement. Un triste symbole pour Natalia Casayus, élue municipale de Ganados, un parti de gauche à Madrid.

« Vox comme parti est vraiment une nouveauté dans la politique espagnole, parce qu’après notre histoire de fascisme, avec la dictature de Franco, l’extrême droite et les idées fascistes sont très mal vues. Mais en fait les gens qui avaient ce type de tendances étaient bien intégrés dans le Partido Popular, c’est-à-dire le parti conservateur qui a gouverné en Espagne pendant pas mal d’années. Cette fois-ci, avec surtout le phénomène de la corruption très très grave du Partido Popular, mais aussi par exemple ce qui s’est passé en Catalogne… C’est surtout ces trois choses, je pense, qui ont déclenché le phénomène Vox : la corruption, la Catalogne et le féminisme, parce qu’aussi ils parlent toujours contre le féminisme. »

CL : Propos recueillis par Béatrice Leveillé. À noter que l’élection a fortement mobilisé : plus de 61 % des électeurs se sont déplacés. C’est 10 % de plus qu’aux dernières élections législatives, en 2016.

ND : On votait également au Bénin aujourd’hui pour renouveler les députés.

CL : Et côté abstention, c’est tout le contraire de l’Espagne. Elle est massive, signe du boycott des partisans de l’opposition... opposition privée de candidats à la suite d’une révision de la loi électorale. Le pays est dans une bulle depuis ce matin puisqu’internet a été coupé. De nombreux observateurs dénoncent d’ailleurs la tournure autoritaire que prend la présidence de Patrice Talon.

ND : Il dit avoir été inspiré par l’attaque contre la synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie aux États-Unis.

CL : Un homme de 19 ans a ouvert le feu hier sur une autre synagogue, près de San Diego, au sud de la Californie, toujours aux États-Unis. Le suspect se revendique comme antisémite et islamophobe. Il a tué une femme et blessé trois autres personnes, au dernier jour des festivités de la Pâque juive.

ND : Cette provocation de l’Iran, en pleine crise avec les États-Unis.

CL : L’armée iranienne publie une vidéo prise dans le Golfe Persique, par l’un de ses drones. Ce petit engin volant doté d’une caméra a survolé un porte-avions américain. Une façon de dénoncer, une fois de plus, la présence militaire des États-Unis dans le Golfe. Précisions à Téhéran, de Siavosh Gazi.

La vidéo a été publiée par l’agence Tasnim, considérée comme proche des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite iranienne. Elle montre un drone décoller d’un aéroport militaire et ensuite survoler un porte-avions américain dans le Golfe Persique. Le drone appartient au corps des Gardiens de la révolution, qui vient d’être classée par les États-Unis comme organisation terroriste. L’appareil filme le porte-avions américain de différents angles et les images sont de très haute qualité. On peut distinguer des militaires américains et différents appareils sur le pont du bâtiment. L’agence Tasnim ne précise pas à quelle date la vidéo a été tournée, mais sa publication est indéniablement un geste de défi. L’Iran a en effet riposté en désignant officiellement les forces du commandement central des États-Unis, le Centcom, présentes dans le Golfe persique et dans toute la région, comme une organisation terroriste. De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, qui était cette semaine à New York, avait affirmé que les navires américains qui traversent le détroit d’Ormuz pour entrer dans le Golfe Persique devaient signaler leur passage aux Gardiens de la révolution qui sont chargés d’assurer la sécurité de ce détroit stratégique. En effet, une grande partie du pétrole produit par les pays de la région passe par ce détroit.

CL : Le pétrole iranien, sous embargo américain, même punition pour l’or noir vénézuélien depuis quelques heures.

ND : Les sanctions américaines viennent d’entrer en vigueur.

CL : Toute entreprise américaine a l’interdiction d’acheter du pétrole au Venezuela. Objectif : étouffer l’économie du pays, pour pousser Nicolas Madouro à la démission. Mais cela n’entame pas la confiance des partisans de Nicolas Maduro, le président vénézuélien. Ils se sont rassemblés samedi à Caracas pour célébrer la sortie de leur pays de l’Organisation des États américains. Reportage à Caracas signé Benjamin Delille.

Sur l’avenue Mexico, la salsa est si forte qu’aucun slogan ne se fait entendre. « Rentrez chez vous les Yankees » peut-on lire sur une pancarte brandie par Carlos, tout de rouge vêtu. Pour ce chaviste de 50 ans, l’entrée en vigueur des sanctions ne changera rien : « Cela fait déjà de nombreuses années que l’on combat ce blocus qui était dissimulé et qui aujourd’hui ne l’est plus. Et avec l’échec de la droite vénézuélienne, ils sont désespérés parce qu’ils voient s’éloigner la possibilité de nous voler notre pétrole et nos richesses. » Les chavistes assurent que l’opposition vénézuélienne est financée par Washington et qu’elle ne mobilise plus personne. Luis, un autre manifestant : « Le plus difficile pour les États-Unis, c’est la bataille de la conscience. Ils peuvent détruire notre économie, mais parce que nous sommes un peuple souverain et conscient, nous irons toujours de l’avant. » Même si tous les indicateurs économiques sont au rouge, Gerardo, 42 ans, assure que le Venezuela n’a pas dit son dernier mot : « Nous devons suivre la route de pays comme la Russie, la Chine ou la Turquie et sortir du joug du dollar. Car c’est par le dollar qu’on nous sanctionne, qu’on nous fait mourir de faim pour nous soumettre, mais nous ne nous soumettrons pas. » Reste que le Venezuela doit des milliards de dollars à ses alliés. Et avec la production de pétrole qui s’effondre, le pays n’aura bientôt plus grand-chose à leur offrir pour les rembourser. Benjamin Delille, Caracas, RFI.

CL : Tout de suite l’expression de la semaine, avec Yvan Amar, c’est « Embrasser une cause ».

Banksy, l’artiste plasticien bien connu, embrasse-t-il la cause de la lutte contre le changement climatique ? On peut le penser ! Parce qu’il a réalisé une œuvre au centre de Londres qui appelle au combat et à la mobilisation pour cette lutte. Enfin on pense que l’œuvre est de lui, mais elle n’est pas signée, c’est vrai. Que veut dire qu’il embrasse cette cause ? Est-ce que ça veut dire qu’il l’épouse ? Non, il ne faut pas exagérer, pas encore, bien qu’on puisse également employer ce verbe à peu près dans le même sens. Épouser une cause, embrasser une cause, c’est se déclarer favorable à cette lutte et participer à ce combat. On s’engage ! Et on comprend très bien comment ce sens figuré a pu se construire : embrasser une cause, c’est lui ouvrir les bras, s’y consacrer. L’expression d’un dévouement est visible. De même on peut utiliser ce même mot à propos d’une profession. Pas n’importe laquelle : c’est un métier qui demande à la fois du savoir-faire et des connaissances. Mais il y a autre chose dans cette expression : elle indique qu’on commence quelque chose. Si vous êtes déjà avocat depuis vingt ans, vous n’embrassez pas cette profession - enfin vous l’embrassez déjà d’une certaine façon. Mais si vous faites des études de droit, là, vous pouvez dire « Ah ! Je vais embrasser cette carrière. » Et c’est plus sérieux que si vous caressez simplement le rêve de devenir avocat. On peut caresser un rêve, mais on est beaucoup plus dans un désir vague, même si ce n’est pas désagréable. Et puis de façon bien plus concrète et pour en terminer avec ce verbe « embrasser », on peut embrasser un poteau. Et là il ne s’agit pas de lui faire la bise. C’est simplement qu’on lisait son journal, qu’on était distrait et bing, on est rentré dedans : « eh, j’ai embrassé le poteau ! »

CL : C’est la fin de ce Journal en français facile, merci à vous Namouri Dosso.



Voir le flux - 28/04/2019 20:30:13

Journal en français facile 28/04/2019 20h00 GMT

Transcription

Charlotte Lalanne : Vous écoutez RFI il est 22 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile, en compagnie de Namouri Dosso, bonsoir Namouri.

Namouri Dosso : Bonsoir Charlotte, bonsoir à tous.

CL : À la une de l’actualité ce soir : pas de majorité en vue en Espagne, mais le parti socialiste est donné vainqueur selon les premiers résultats des élections législatives. Autre information clef de scrutin : la percée historique de l’extrême droite, le parti Vox obtiendrait 9 % des voix.

ND : Des législatives au Bénin également, pas encore de tendances. Une chose est sûre : peu d’électeurs se sont rendus aux urnes. Il faut dire que l’opposition avait été privée de candidat.

CL : À la une également, l’Iran qui défie les États-Unis. L’armée iranienne a survolé un porte-avions américain dans le golfe persique.

ND : Et puis comme chaque dimanche l’expression de la semaine avec Yvan Amar. Ce soir : « Embrasser une cause ».

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ND : Quel gouvernement pour l’Espagne demain ? 

CL : Difficile à dire ce soir, à l’issue des élections législatives. Le Premier ministre socialiste sortant est donné gagnant, mais sans majorité absolue. Les premiers résultats, encore partiels, créditent le Parti Socialiste de 30 % des voix, suivi du parti populaire de droite, 17 % des suffrages, talonné par l’extrême gauche de Podemos, à 14 %. En quatrième position Ciudadanos, le parti de centre droit. Et puis autre formation regardée de très près : la toute jeune Vox, l’extrême droite qui fait une percée au parlement, puisqu’elle aurait séduit 9 % au moins des électeurs... C’est la première fois depuis 40 ans qu’une formation d’extrême droite va siéger au Parlement. Un triste symbole pour Natalia Casayus, élue municipale de Ganados, un parti de gauche à Madrid.

« Vox comme parti est vraiment une nouveauté dans la politique espagnole, parce qu’après notre histoire de fascisme, avec la dictature de Franco, l’extrême droite et les idées fascistes sont très mal vues. Mais en fait les gens qui avaient ce type de tendances étaient bien intégrés dans le Partido Popular, c’est-à-dire le parti conservateur qui a gouverné en Espagne pendant pas mal d’années. Cette fois-ci, avec surtout le phénomène de la corruption très très grave du Partido Popular, mais aussi par exemple ce qui s’est passé en Catalogne… C’est surtout ces trois choses, je pense, qui ont déclenché le phénomène Vox : la corruption, la Catalogne et le féminisme, parce qu’aussi ils parlent toujours contre le féminisme. »

CL : Propos recueillis par Béatrice Leveillé. À noter que l’élection a fortement mobilisé : plus de 61 % des électeurs se sont déplacés. C’est 10 % de plus qu’aux dernières élections législatives, en 2016.

ND : On votait également au Bénin aujourd’hui pour renouveler les députés.

CL : Et côté abstention, c’est tout le contraire de l’Espagne. Elle est massive, signe du boycott des partisans de l’opposition... opposition privée de candidats à la suite d’une révision de la loi électorale. Le pays est dans une bulle depuis ce matin puisqu’internet a été coupé. De nombreux observateurs dénoncent d’ailleurs la tournure autoritaire que prend la présidence de Patrice Talon.

ND : Il dit avoir été inspiré par l’attaque contre la synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie aux États-Unis.

CL : Un homme de 19 ans a ouvert le feu hier sur une autre synagogue, près de San Diego, au sud de la Californie, toujours aux États-Unis. Le suspect se revendique comme antisémite et islamophobe. Il a tué une femme et blessé trois autres personnes, au dernier jour des festivités de la Pâque juive.

ND : Cette provocation de l’Iran, en pleine crise avec les États-Unis.

CL : L’armée iranienne publie une vidéo prise dans le Golfe Persique, par l’un de ses drones. Ce petit engin volant doté d’une caméra a survolé un porte-avions américain. Une façon de dénoncer, une fois de plus, la présence militaire des États-Unis dans le Golfe. Précisions à Téhéran, de Siavosh Gazi.

La vidéo a été publiée par l’agence Tasnim, considérée comme proche des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite iranienne. Elle montre un drone décoller d’un aéroport militaire et ensuite survoler un porte-avions américain dans le Golfe Persique. Le drone appartient au corps des Gardiens de la révolution, qui vient d’être classée par les États-Unis comme organisation terroriste. L’appareil filme le porte-avions américain de différents angles et les images sont de très haute qualité. On peut distinguer des militaires américains et différents appareils sur le pont du bâtiment. L’agence Tasnim ne précise pas à quelle date la vidéo a été tournée, mais sa publication est indéniablement un geste de défi. L’Iran a en effet riposté en désignant officiellement les forces du commandement central des États-Unis, le Centcom, présentes dans le Golfe persique et dans toute la région, comme une organisation terroriste. De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, qui était cette semaine à New York, avait affirmé que les navires américains qui traversent le détroit d’Ormuz pour entrer dans le Golfe Persique devaient signaler leur passage aux Gardiens de la révolution qui sont chargés d’assurer la sécurité de ce détroit stratégique. En effet, une grande partie du pétrole produit par les pays de la région passe par ce détroit.

CL : Le pétrole iranien, sous embargo américain, même punition pour l’or noir vénézuélien depuis quelques heures.

ND : Les sanctions américaines viennent d’entrer en vigueur.

CL : Toute entreprise américaine a l’interdiction d’acheter du pétrole au Venezuela. Objectif : étouffer l’économie du pays, pour pousser Nicolas Madouro à la démission. Mais cela n’entame pas la confiance des partisans de Nicolas Maduro, le président vénézuélien. Ils se sont rassemblés samedi à Caracas pour célébrer la sortie de leur pays de l’Organisation des États américains. Reportage à Caracas signé Benjamin Delille.

Sur l’avenue Mexico, la salsa est si forte qu’aucun slogan ne se fait entendre. « Rentrez chez vous les Yankees » peut-on lire sur une pancarte brandie par Carlos, tout de rouge vêtu. Pour ce chaviste de 50 ans, l’entrée en vigueur des sanctions ne changera rien : « Cela fait déjà de nombreuses années que l’on combat ce blocus qui était dissimulé et qui aujourd’hui ne l’est plus. Et avec l’échec de la droite vénézuélienne, ils sont désespérés parce qu’ils voient s’éloigner la possibilité de nous voler notre pétrole et nos richesses. » Les chavistes assurent que l’opposition vénézuélienne est financée par Washington et qu’elle ne mobilise plus personne. Luis, un autre manifestant : « Le plus difficile pour les États-Unis, c’est la bataille de la conscience. Ils peuvent détruire notre économie, mais parce que nous sommes un peuple souverain et conscient, nous irons toujours de l’avant. » Même si tous les indicateurs économiques sont au rouge, Gerardo, 42 ans, assure que le Venezuela n’a pas dit son dernier mot : « Nous devons suivre la route de pays comme la Russie, la Chine ou la Turquie et sortir du joug du dollar. Car c’est par le dollar qu’on nous sanctionne, qu’on nous fait mourir de faim pour nous soumettre, mais nous ne nous soumettrons pas. » Reste que le Venezuela doit des milliards de dollars à ses alliés. Et avec la production de pétrole qui s’effondre, le pays n’aura bientôt plus grand-chose à leur offrir pour les rembourser. Benjamin Delille, Caracas, RFI.

CL : Tout de suite l’expression de la semaine, avec Yvan Amar, c’est « Embrasser une cause ».

Banksy, l’artiste plasticien bien connu, embrasse-t-il la cause de la lutte contre le changement climatique ? On peut le penser ! Parce qu’il a réalisé une œuvre au centre de Londres qui appelle au combat et à la mobilisation pour cette lutte. Enfin on pense que l’œuvre est de lui, mais elle n’est pas signée, c’est vrai. Que veut dire qu’il embrasse cette cause ? Est-ce que ça veut dire qu’il l’épouse ? Non, il ne faut pas exagérer, pas encore, bien qu’on puisse également employer ce verbe à peu près dans le même sens. Épouser une cause, embrasser une cause, c’est se déclarer favorable à cette lutte et participer à ce combat. On s’engage ! Et on comprend très bien comment ce sens figuré a pu se construire : embrasser une cause, c’est lui ouvrir les bras, s’y consacrer. L’expression d’un dévouement est visible. De même on peut utiliser ce même mot à propos d’une profession. Pas n’importe laquelle : c’est un métier qui demande à la fois du savoir-faire et des connaissances. Mais il y a autre chose dans cette expression : elle indique qu’on commence quelque chose. Si vous êtes déjà avocat depuis vingt ans, vous n’embrassez pas cette profession - enfin vous l’embrassez déjà d’une certaine façon. Mais si vous faites des études de droit, là, vous pouvez dire « Ah ! Je vais embrasser cette carrière. » Et c’est plus sérieux que si vous caressez simplement le rêve de devenir avocat. On peut caresser un rêve, mais on est beaucoup plus dans un désir vague, même si ce n’est pas désagréable. Et puis de façon bien plus concrète et pour en terminer avec ce verbe « embrasser », on peut embrasser un poteau. Et là il ne s’agit pas de lui faire la bise. C’est simplement qu’on lisait son journal, qu’on était distrait et bing, on est rentré dedans : « eh, j’ai embrassé le poteau ! »

CL : C’est la fin de ce Journal en français facile, merci à vous Namouri Dosso.



Voir le flux - 28/04/2019 20:30:13

Journal en français facile 26/04/2019 20h00 GMT

Transcription

Charlotte Lalanne : Vous écoutez RFI il est 22 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. À mes côtés pour le présenter, Namouri Dosso, bonsoir Namouri.

Namouri Dosso : Bonsoir Charlotte, bonsoir à tous.

CL : À la une de l’actualité ce soir : la police sri lankaise annonce la mort du cerveau présumé des attentats de dimanche. Il faisait partie des 9 terroristes, il est mort en actionnant sa bombe. Sur place, l’enquête continue, et on en sait un peu plus sur le profil des assaillants. Un profil qui étonne, vous l’entendrez.

ND : Cet appel des Nations Unies au Bangladesh : il faut absolument continuer à subvenir aux besoins des Rohingyas. Cette minorité musulmane a fui la Birmanie face à la répression de l’armée. Neuf cent mille Rohingyas sont réfugiés au Bangladesh depuis 2 ans.

CL : À la une également, la Syrie a cours d’essence. Les autorités sont obligées de restreindre les distributions à la pompe. Le pays est asséché à cause des menaces de sanctions des États-Unis aux fournisseurs de pétrole.

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ND : Il est présenté comme la tête pensante des attentats au Sri Lanka.

CL : Zahran Hashim est mort selon la police. Il faisait partie des kamikazes, c’est à dire de ceux qui se sont fait exploser. C’était dimanche dernier, 4 hôtels et 3 églises étaient attaqués en pleine messe de Pâques. Selon les autorités, il y avait neuf terroristes. Huit ont été identifiés. Et ils partagent une trajectoire commune : des milieux aisés, des études supérieures. Deux d’entre eux sont même des frères d’une famille de riches industriels de Colombo, la capitale. Notre envoyé spécial au Sri Lanka, Sébastien Farcis, s’est rendu dans leur principale usine.

C’est un énorme entrepôt en plein air, situé dans la banlieue nord-est de Colombo. De gros câbles et des transformateurs électriques jonchent le sol. Cette usine de la famille Ibrahim travaillait le cuivre et c’est sous cette couverture que les deux fils, devenus islamistes, auraient fabriqué certaines bombes utilisées pour les attentats de dimanche. Dans l’atelier de bois voisin, un des travailleurs se souvient d’hommes distants, mais très riches : « Nous les voyions passer dans une BMW. Il y a 3 mois, ils ont construit de nouveaux étages pour leur usine, et cela a endommagé notre mur. Dès qu’on leur a signalé, ils ont refait tout notre mur, avec un béton bien meilleur que ce que nous avions. Cela a dû leur coûter des millions. » L’implication de cette famille a choqué tout le Sri Lanka : le père, Mohammed Ibrahim, est l’un des plus grands exportateurs d’épices du pays, bien introduit dans le milieu économique. Et ses deux fils ont étudié à l’étranger. Un restaurateur du quartier se souvient d’une famille généreuse et pieuse : « Pendant le ramadan, ils offraient de la nourriture à tout le quartier, ce qui est très bien vu dans l’islam. Ils nous aidaient un peu, alors qu’est-ce qu’on pouvait dire ? »La police a arrêté plus d’une dizaine de personnes dans ce quartier pour les interroger. Mais la population demande maintenant qu’elle enquête sur les possibles protections politiques dont ces riches entrepreneurs ont pu bénéficier. Sébastien Farcis, Colombo, RFI.

CL : À noter que le bilan des attentats de dimanche a été largement revu à la baisse. On parle désormais de 253 morts, soit 100 de moins que le bilan précédent. Il semblerait que des personnes aient été comptabilisées deux fois.

ND : Donald Trump fait une croix sur le Traité concernant le commerce des armes.

CL : Il vient d’annoncer le retrait des États-Unis de cet accord signé en 2013 par son prédécesseur, Barack Obama. Le président américain n’avait pas choisi son lieu au hasard pour cette annonce, puisqu’il l’a faite lors d’un rassemblement du lobby américain des armes à feu, la NRA.

ND : Direction le Bangladesh à présent, Charlotte, où plus de neuf cent mille Rohingyas sont toujours réfugiés. 

CL : Les Rohingyas, c’est cette minorité musulmane de Birmanie. Une population poussée à l’exil en 2017 face à la répression sanglante de l’armée. Deux ans plus tard, ils vivent toujours dans des camps au Bangladesh, dans l’espoir d’un retour proche. Pour le moment, leur rapatriement est trop dangereux, mais le Bangladesh commence à s’impatienter. L’ONU appelle le pays à continuer son aide aux réfugiés. Ce vendredi, des hauts responsables des Nations Unies se sont rendus sur place. Précisions à Rangoun de notre correspondante Sarah Bakaloglou.

Les Nations Unies continuent de travailler pour permettre un retour sûr et durable de la minorité des Rohingyas en Birmanie. Voilà ce qu’ont assuré au Bangladesh les hauts responsables de l’ONU pendant cette visite… Dont Filippo Grandi, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. Des mots pour rassurer un pays qui en février déclarait ne plus être en mesure d’accueillir des Rohingyas fuyant la Birmanie voisine. « Le Bangladesh, qui se montre réceptif en ayant de l’empathie envers une minorité persécutée, en paie-t-il le prix ? » s’était demandé son ministre des Affaires étrangères, au Conseil de sécurité de l’ONU. Mais côté birman, aucun progrès n’a été fait pour permettre un retour des Rohingyas en sécurité dans l’État de l’Arakan, où les accès des Nations Unies sont restreints. Devant des camps de réfugiés surpeuplés, le Bangladesh plaide donc pour le déplacement de 100 000 réfugiés vers une île reculée au large des côtes du pays. Contactée, l’ONU n’a pas souhaité indiquer si le sujet avait été évoqué lors de la rencontre avec la Première ministre du pays cette semaine. Un projet en tout cas critiqué par de nombreuses ONG en raison de l’isolement de cette île et les menaces d’inondation. Sarah Bakaloglou, Rangoun, RFI.

ND : RFI il est 23 heures et cinq minutes à Alep, en Syrie. C’est une image banale ces dernières semaines dans le pays : des files de voitures sur plusieurs centaines de mètres, devant les stations essence. 

CL : Après 8 ans de guerre, le pays fait face à un nouveau fléau : la pénurie d’essence. Il faut dire que le secteur pétrolier a été largement affaibli par le conflit. Mais une décision a asséché les pompes : la menace brandie par les États-Unis. En novembre dernier, Washington a prévenu : tout pays ou entreprise fournissant du pétrole à la Syrie sera sanctionné. Cinq mois plus tard, les zones contrôlées par le gouvernement sont à sec. Illustration à Alep, Nicolas Feldmann.

Sur les réseaux sociaux, des photos d’avenues quasi désertes, des files de voitures devant les stations-service. Alep tourne au ralenti. Monseigneur Topji, évêque maronite de la ville : « Les gens sont très démoralisés, toutes les rues sont vides de voitures, les autocars ne passent plus pour prendre des élèves, des marchands qui ont fermé leurs ateliers, voilà. » Comme dans le reste du pays, les Aleppins sont soumis à un rationnement sur l’essence : 20 litres tous les cinq jours par conducteur. « On va à pied et en bicyclette. Nous épargnons le mazout pour les générateurs. On reste un peu sans électricité pendant le jour. » Les prix sur les denrées de première nécessité augmentent aussi : + 30 % sur le riz ou sur le sucre. Georges Sabé, frère mariste résidant à Alep : « Le pays est en train de subir une autre phase de la guerre. Ils sont en train de punir le peuple syrien. Il n’est pas normal non plus que des activités au service de la population puissent s’arrêter parce qu’on manque de gazole, de mazout. » Et pour tenter d’alléger un peu la pression, le gouvernement a annoncé la semaine dernière la reprise de l’activité de la raffinerie de Banyas, à l’ouest du pays. Nicolas Feldmann, Beyrouth, RFI.

ND : L’Algérie toujours debout contre le régime.

CL : Pour le dixième vendredi d’affilée, des rues noires de monde à Alger, la capitale, mais aussi à Oran, Constantine. Les manifestants maintiennent la pression pour réclamer la chute des figures du système Bouteflika, restées au pouvoir après la démission du président le 2 avril dernier.

ND : Après les annonces d’Emmanuel Macron, l’heure de la concrétisation en France. Le gouvernement a du pain sur la planche : il faut définir la méthode et le calendrier.

CL : Les ministres se sont réunis ce lundi en séminaire. Les chantiers sont nombreux : baisse de l’impôt sur le revenu, décentralisation, réforme de la Constitution...

ND : Et parmi les promesses d’Emmanuel Macron hier, le plein emploi d’ici à 2025.

CL : Et un signe positif en ce début d’année : le nombre de chômeurs a légèrement baissé. Moins 0,7 %, mais c’est un chiffre en trompe-l’œil, en d’autres termes cette baisse cache une autre réalité. Jeanne Richard.

Certes, le nombre de chômeurs de catégorie A, la catégorie la plus scrutée, celle qui concerne les personnes sans aucune activité, a légèrement baissé : moins 0,7 % au premier trimestre 2019, moins 1,5 % sur un an. Une embellie à relativiser… En effet, le chômage des catégories B et C, lui, augmente. Il concerne les personnes ayant une activité réduite, qui ont des petits boulots, précaires, intérimaires, CDD, temps partiels, etc. Au final, la hausse compense la baisse et le nombre de chômeurs global lui reste stable. En tout, plus de 5 millions 900 mille personnes sont toujours à la recherche d’un emploi. Dans son enquête sur les « besoins de main-d’œuvre », Pôle emploi ouvre cependant de belles perspectives. Les intentions d’embauche sont en forte hausse : +15 % pour 2019, soit près de 350 000 projets de recrutements supplémentaires. Mais on est encore bien loin de l’objectif du « plein emploi » fixé ce jeudi à l’horizon 2025 par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse. Et si on compare les créations d’emplois ces 18 derniers mois, le chef de l’État fait d’ailleurs moins bien que son prédécesseur François Hollande sur la même période de son quinquennat.

CL : Et puis en football, l’ouverture de la 34e journée de ligue 1 ce soir. Bordeaux mène 2 à un à domicile face à Lyon. Fin de ce Journal en français facile, merci Namouri Dosso.



Voir le flux - 26/04/2019 20:30:13

L’État islamique revendique les attentats au Sri Lanka

Chaque semaine, entraînez-vous avec une série d'exercices autour d'un fait de l'actualité extrait du Journal en français facile.


Voir le flux - 26/04/2019 11:26:09

Avoir du plomb dans l'aile

Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La transcription de cette édition des Mots de l’actualité n’est pas disponible.

 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)



Voir le flux - 26/04/2019 09:00:11

Journal en français facile 25/04/2019 20h00 GMT

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l’actualité ce soir : la réponse d’Emmanuel Macron. Le Président français s’est exprimé pendant 2h30 lors d’une conférence de presse. Il s’agissait de clore le grand débat lancé pour répondre à la crise des gilets jaunes.

SB : Un sommet jugé positif. Ce jeudi le Président russe Vladimir Poutine et le dirigeant de la Corée du Nord Kim Jong Un se rencontraient pour la première fois. Cela s’est passé dans l’extrême orient russe.

RA : Et puis un nouvel incident raciste lors d’un match de football en Italie. C’était hier soir entre le Milan AC et la Lazio de Rome. Les explications dans ce journal.

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SB : Emmanuel Macron s’est donc exprimé pendant 2h30 ce soir.

RA : Un discours de plusieurs dizaines de minutes tout d’abord, puis les réponses aux questions des journalistes. Une conférence de presse destinée à clore le grand débat qui avait été lancé face à la crise des gilets jaunes. Ce qu’il faut retenir de l’intervention du Président français : Emmanuel Macron promet une baisse de l’impôt sur le revenu. Il s’engage à une réorganisation de l’administration, l’objectif renforcer les services publics en dehors des grandes villes. En revanche il écarte l’idée d’un référendum d’initiative citoyenne qui était une demande des gilets jaunes. Cette conférence de presse à l’Élysée était la première depuis l’élection d’Emmanuel Macron. À cette occasion il a évoqué son mandat de Chef de l’État. Et sur la demande d’un journaliste, il s’est également projeté sur la prochaine présidentielle. Voici sa réponse.

[Transcription manquante]

RA : « Je veux réussir mon mandat », l’une des phrases de l’intervention d’Emmanuel Macron ce soir.

SB : Et puis le bilan jugé positif du sommet entre Vladimir Poutine et Kim Jong Un.

RA : Ce sommet était une première, jamais le Président russe et le dirigeant de la Corée du Nord ne s’étaient rencontrés, cela s’est donc passé à Vladivostok dans l’extrême orient russe. Rencontre stratégique pour Kim Jong Un qui cherche de nouveaux appuis après l’échec du sommet de Hanoï avec le Président américain Donald Trump. Au total le leader nord-coréen aura passé 5h avec Vladimir Poutine. Retour sur cette journée particulière avec notre correspondant en Russie Daniel Valot.

C’est la photo qu’il ne fallait pas rater : la poignée de main très chaleureuse entre deux dirigeants qui ne s’étaient encore jamais rencontrés. Costume sombre, et Col Mao, Kim Jong Un semble détendu, souriant. Visiblement satisfait de rencontrer le président russe. « J’espère que notre rencontre sera utile pour renforcer notre relation d’amitié et que notre dialogue permettra de travailler au règlement de la situation sur la péninsule coréenne. » Entretien bilatéral, réunion élargie aux conseillers et à quelques ministres, puis dîner en tête à tête et échange de cadeaux : tous les codes des grands sommets internationaux sont respectés. Pas de déclaration commune en revanche : mais un échange de compliments. Et à la fin du sommet, c’est Vladimir Poutine qui fait l’éloge du dirigeant nord-coréen. « Nous sommes contents des résultats. Le Président Kim a une personnalité ouverte et il est prêt à discuter de tous les sujets librement. Nous avons parlé vraiment en détail du sujet principal, la dénucléarisation de la péninsule et je confirme que la conversation avec lui a été passionnante, et fructueuse ! » Le président russe a pris soin de ne pas critiquer les négociations engagées directement entre la Corée du Nord et les États-Unis. Mais il a rappelé la position russe dans le dossier : il faut donner des garanties à Pyongyang pour l’encourager à renoncer à l’arme nucléaire. Daniel Vallot Moscou RFI.

RA : Et puis la réaction du dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un affirme avoir passé un « très bon moment » à Vladivostok, et il dit vouloir relancer « les liens historiques » entre Pyongyang et Moscou.

SB : Nous en parlions mardi dans le journal en français facile : des exécutions de masse en Arabie saoudite. Depuis les critiques se multiplient.

RA : Mardi une journée marquée en Arabie saoudite par la mort de 37 personnes, tuées, car elles étaient condamnées à mort officiellement pour terrorisme. Les exécutions ont eu lieu partout dans le pays. Et depuis effectivement de nombreux acteurs dénoncent de telles mises à mort, notamment l’ONU et l’Union européenne. On fait le point avec Adrien Delgrange.

La plupart des hommes décapités - 33 sur 37 - appartenaient à la minorité chiite du royaume dirigé par les sunnites. Amnesty International voit donc dans ces exécutions un « Outil politique » du régime en place. Pour l’ONG basée à Londres et qui a des relais en Arabie Saoudite, ces mises à mort sous couvert de lutte contre le terrorisme sont une façon de faire taire l’opposition. Humant Rights Watch dénonce également des actes de tortures : les 33 chiites exécutés auraient été condamnés à l’issue de procès inéquitables, car les autorités auraient obtenu des aveux par la torture. L’ONU a aussi vivement réagi aux exécutions, par la voix de la haute-commissaire aux droits de l’homme. Michelle Bachelet a en particulier jugé « odieux » qu’au moins 3 des condamnés soient mineurs au moment de leur procès. « Je demande urgemment aux Saoudiens de lancer une révision de leur loi afin d’interdire la peine capitale pour les mineurs », a-t-elle affirmé. Le mouvement chiite libanais Hezbollah, allié de l’Iran, a également dénoncé ces exécutions et accusé Washington d’être « un partenaire clé des crimes odieux » en Arabie saoudite. Enfin les États-Unis n’ont pas commenté ces exécutions. Silence à double titre, les Américains pratiquent eux aussi la peine de mort et commerce largement avec l’Arabie saoudite. Seule voix dissonante, celle de Bernie Sanders, pour le candidat démocrate à l’investiture de 2020, « Washington devrait montrer que les Saoudiens n’ont pas carte blanche pour continuer à bafouer les droits humains ».

SB : Aux États-Unis, l’ancien vice-président Joe Biden se lance officiellement dans la course à la Maison-Blanche.

RA : C’était attendu, mais il a effectivement annoncé sa candidature aux primaires démocrates, en vue de l’élection présidentielle de 2020. Il s’est déclaré sur Twitter, et il a justifié sa décision en affirmant qu’il voulait défendre des valeurs de tolérance face à Donald Trump. Joe Biden était le deuxième personnage des États-Unis sous Barack Obama, il est âgé de 76 ans et il devient le 20e candidat démocrate à se lancer dans la course à la Maison-Blanche, c’est un record.

SB : En football une nouvelle affaire de racisme en Italie.

RA : Les incidents dans ce domaine se multiplient ces dernières semaines, dernier en date c’était hier en demi-finale retour de Coupe entre le Milan AC et la Lazio de Rome, Olivier Pron.

La Lazio et une partie de ses supporters, dont elle, affirment ce jeudi matin vouloir totalement se démarquer. Cela se comprend après le déploiement d’une banderole en ville puis au stade sur laquelle était inscrit : « Honneur a Benito Mussolini ! » le dictateur italien au pouvoir de 1922 à 1945 avant d’être tué puis exposé et lynché à Milan justement. Une banderole, des cris, et des chants lors de cette demie finale de coupe d’Italie, notamment à l’encontre du Français d’origine Ivoirienne Thiémoué Bakayoko, déjà victime par le passé au stadio Olimpico de Rome de tels inacceptables débordements. Clairement identifié, le principal groupe de supporters Ultras du club romain : les « Irreducibili », les irréductibles, la droite extrême romaine. Par 2 fois le speaker du stade a demandé à ces « individus » qui multiplient également les saluts fascistes de cesser cris et chants, rien n’a y a fait. L’arbitre n’a pas relevé, voire ignoré ses appels, contrairement à ce qui est prévu depuis janvier dernier dans les règlements du Calcio. Au 2e rappel : l’ensemble des joueurs présents sur le terrain doivent rentrer aux vestiaires et la rencontre être interrompue. Le maire de Milan a saisi la police pour une enquête, 22 personnes auraient été identifiées.

SB : Et puis nous apprenions son décès hier pendant le journal en français facile : aujourd’hui les hommages à Jean-Pierre Marielle se sont multipliés.

RA : L’acteur français s’est éteint à l’âge de 87 ans. Jean-Paul Belmondo s’est dit effondré. « C’était un garçon secret, mystérieux, souvent angoissé », réagit le cinéaste Bertrand Blier qui a fait trois films avec Jean-Pierre Marielle. Ce qui revient dans les hommages, l’élégance, la voix chaude de Jean-Pierre Marielle qui aura joué dans une centaine de films. Ses interprétations les plus connues, dans Tous les matins du mondeQue la Fête commence ou encore Tenue de soirée. Fin du Journal en français facile.



Voir le flux - 25/04/2019 20:30:13

Vider de sa substance

Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Une résolution adoptée sans enthousiasme par les Nations Unies. Une résolution qui devrait lutter contre les violences sexuelles, mais qui ne change pas grand-chose, vu les modifications qu’elle a subies. On dit que le texte a été largement édulcoré, c’est-à-dire adouci, abrasé. Comme si on en avait ôté les principes actifs. On dit donc que ce texte a été vidé de sa substance.

Qu’en reste-t-il alors ? Il est comme une coquille vide. C’est bien l’autre expression synonyme qui vient à l’esprit. On a gardé une apparence : on a bien un texte sur lequel on vote. Mais il n’est pas opérant, comme s’il avait été évidé, et qu’il n’en restait que le contenant : le contenu a disparu ! L’image de la coquille est bien trouvée, car il arrive souvent qu’une cherchant des coquillages, on tombe justement sur une coquille sans habitant. Et c’est le mollusque qu’on mange, et pas sa maison. Mais la coquille est plus solide que celui qu’elle abrite, et elle lui survit ; après la mort de l’animal, la coque est toujours là et parfois elle peut servir d’abri à celui qui n’en a pas et qui en cherche. C’est le cas du Bernard l’Hermite, vulnérable, mais qui souhaite se glisser dans une maison abandonnée qui lui servira d’habitat. Un peu comme le coucou ? On dit que cet oiseau va nicher dans un nid qui ne lui appartient pas. En fait, il a surtout tendance à déposer des œufs dans ce nid étranger, de telle sorte que ses petits à venir seront nourris par d’autres.

Dans ces derniers cas, la coquille et les nids sont tout sauf vidés de leur substance ! Mais de quoi est-elle donc privée, la coquille vandalisée ? On parle de substance, un mot aux sens multiples, des plus vagues aux plus précis.

Une substance c’est la plupart du temps une matière, et même une texture. Et cela évoque à la fois un goût et un toucher. Rarement solide, la texture. Et presque jamais liquide, mais justement, entre les deux : un peu mou, un peu flasque, vaguement crémeux parfois… elle fait rarement naître un appétit dévorant. Mais le mot de substance s’emploie le plus souvent faute de mieux : quand on ne sait pas exactement à quoi on a affaire, quand on a bien du mal à le nommer : au bout de deux heures de cuisson, on obtient une substance marron, à consistance pâteuse.

Mais le mot sert aussi à désigner des matières brutes, non transformées : des substances toxiques, des substances chimiques… Le mot évoque donc à la fois une matière peu familière et une réalité concrète. Alors qu’à l’origine son sens est assez différent : substance est plutôt un mot de philosophe, et évoque le caractère central d’une chose : ce qui est permanent, ce qui ne change pas, ce qui en fait la réalité même. Et la substance, un peu comme l’essence, s’oppose aux accidents, c’est-à-dire aux transformations que la vie fait subir à un objet ou un être vivant.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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Voir le flux - 25/04/2019 07:45:04

Journal en français facile 24/04/2019 20h00 GMT

Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir à tous, c’est l’heure de votre Journal en français facile. Présenté en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l’actualité ce soir : veille de sommet entre Vladimir Poutine et Kim Jong Un. Demain jeudi le Président russe accueillera le dirigeant de la Corée du Nord dans l’extrême orient russe. Une rencontre qui montre que Pyongyang cherche de nouveaux appuis diplomatiques.

SB : Donald Trump annonce l’envoi de soldats armés à la frontière avec le Mexique. Le Président américain justifie cette décision par un incident qui se serait produit avec des militaires du pays voisin.

RA : Et puis la réponse de la France à l’ONU. Les Nations Unies dénonçaient un « usage excessif de la force » lors des manifestations de gilets jaunes. Le gouvernement justifie ses méthodes.

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SB : Drapeaux russes et nord-coréens à Vladivostok.

RA : Vladivostok c’est une ville située dans l’extrême orient russe, elle se trouve à près de 10mille kilomètres de Moscou. Et c’est là que demain jeudi le Président Vladimir Poutine va recevoir le dirigeant de la Corée du Nord Kim Jong Un. Ce dernier est déjà sur place, il est arrivé ce matin à bord du train avec lequel il effectue ses rares déplacements à l’étranger. C’est un évènement, car Kim Jong Un et Vladimir Poutine ne se sont jamais rencontrés. Et cela montre la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui la Corée du Nord : obligée de trouver de nouveaux appuis, alors que les discussions avec les États-Unis sur le nucléaire sont dans l’impasse. L’analyse de notre correspondant régional, à Séoul, Frederic Ojardias.

Kim Jong-un multiplie les sommets depuis l’année dernière et le début des pourparlers de dénucléarisation : après les dirigeants chinois, sud-coréen, américain et vietnamien, c’est maintenant au tour du président russe. Une façon pour le dirigeant nord-coréen de sortir de son isolement diplomatique grandissant depuis ses essais nucléaires à répétition... et de se présenter comme un chef d’État « normal ». Alors que les négociations avec les États-Unis sont dans l’impasse depuis l’échec du sommet avec le président américain Donald Trump en février, renforcer les liens avec la Russie permet à Kim Jong-un de montrer à Washington qu’il dispose d’autres options en cas d’effondrement total des pourparlers. Beaucoup d’observateurs ont d’ailleurs souligné l’absence à Vladivostok du redouté général Kim Yong-chol, qui accompagnait pourtant Kim Jong-un lors de chacun de ses précédents voyages. L’homme était en charge des négociations de dénucléarisation avec les États-Unis. Il vient d’être remplacé, sans doute en raison du revers cuisant du dernier sommet avec Donald Trump. Frédéric Ojardias, Séoul, RFI.

RA : Un mot du déroulé du sommet, ce jeudi. Il devrait débuter, selon le Kremlin, par une rencontre entre Vladimir Poutine et Kim Jong Un. Le Kremlin indique que le format sera ensuite « plus élargi » sans donner davantage de détails. Enfin il ne devrait pas y avoir de communiqué commun ni de signature d’accords.

MC : Et puis un tweet (un message publié sur Twitter) de Donald Trump qui crée la panique.

RA : Le Président américain a annoncé que des soldats armés allaient être envoyés à la frontière avec le Mexique. Il affirme avoir pris cette décision après un incident avec des militaires du pays voisin. Ces derniers, écrit Donald Trump, auraient « braqué -c’est-à-dire visé avec leur arme- des soldats de la Garde Nationale afin de faciliter le passage de trafiquants de drogue ». Des faits qui se seraient produits le 13 avril dernier et qui sèment la confusion. Pour faire le point, Carlotta Morteo.

Quoi qu’en dise le président américain, pour le Pentagone, cet incident serait dû à une incompréhension. Il y a deux semaines, cinq militaires mexicains en patrouille arrêtent et désarment deux soldats américains qui roulent dans une voiture banalisée, pensant qu’ils se trouvent de leur côté de la frontière. Après une brève discussion, les deux parties se quittent en bons termes. Il s’agissait donc d’une « erreur de jugement » selon le Pentagone... qui a réitéré sa confiance envers l’armée mexicaine. Invraisemblable, estime le chef de la patrouille frontalière, Brandon Judd interrogé sur Fox News quelques jours plus tard, qui conteste cette version et affirme que l’armée mexicaine facilite régulièrement la vie des trafiquants de drogue. Difficile de savoir pourquoi Donald Trump a décidé de re-parler de cet évènement aujourd’hui... En tout cas, le président mexicain Lopez Obrador a immédiatement cherché à désamorcer les tensions : « Nous ne céderons pas aux provocations. Je dis au président Donald Trump : nous souhaitons garder une relation respectueuse et d’amitié avec son gouvernement. Nous allons analyser cet incident. Nous allons prendre en compte ce que le président américain nous signale, et nous agirons en conformité avec la loi, en préservant notre souveraineté. Mais le plus important c’est de rappeler au président américain que nous n’avons pas l’intention de nous disputer avec le gouvernement des États-Unis. » Réponse de Donald Trump en un tweet : Heureusement que nos soldats sont là pour arrêter l’immigration illégale, car le Mexique ne nous aide pratiquement pas.

SB : Au Japon, les excuses du Premier ministre Shinzo Abe.

RA : C’est un sujet sensible qui a été adopté aujourd’hui, celui de la stérilisation forcée de plusieurs milliers de personnes handicapées. C’est-à-dire une intervention chirurgicale pratiquée pour empêcher à ces derniers d’avoir des enfants. Une loi instaurée en 1949 a permis ces pratiques pendant des dizaines d’années. Et aujourd’hui c’est une autre loi qui a été adoptée par le Parlement, elle prévoit que les personnes handicapées concernées puissent recevoir une indemnisation de l’État. Suite à cela Shinzo Abé a exprimé ses « sincères regrets » et les « profondes excuses » du gouvernement. À Tokyo pour RFI Frédéric Charles.

[Transcription manquante]

SB : Enfin en France, le gouvernement répond à l’ONU concernant la crise des gilets jaunes

RA : En mars dernier la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Michelle Bachelet avait dénoncé « l’usage excessif de la force » lors des manifestations et elle avait demandé à la France d’enquêter sur les cas de violences policières. La France en effet lui a répondu, c’est un document de 21 pages qui a été envoyé par le gouvernement, et ce qu’il faut retenir c’est que le gouvernement justifie ses méthodes de maintien de l’ordre. Le détail avec Grégoire Sauvage.

C’est une réponse très ferme de la part du gouvernement et qui sonne comme une fin de non-recevoir aux mises en cause de l’ONU. En préambule, le document rappelle les conditions « particulièrement difficiles » auxquelles ont été soumis policiers et gendarmes et insiste sur les violences graves commises par certains manifestants. Selon cet argumentaire, le cadre légal applicable n’était donc plus celui de la « manifestation », mais de « l’attroupement », c’est à dire d’une manifestation qui a dégénéré dans la violence d’où le recours massif aux armes de forces intermédiaires : les grenades lacrymogènes, de désencerclement et les fameux lanceurs de balles de défense. Quatre pages sont exclusivement consacrées à justifier l’usage du LBD, et si de possibles dérapages sont évoqués, « ils ne sauraient remettre en cause l’utilisation régulière de cette arme en cas de nécessité » explique cette note qui appelle également à respecter le temps judiciaire puisque plusieurs enquêtes sont actuellement en cours. Par ailleurs, les cas de journalistes blessés par les forces de l’ordre et que dénonçait l’ONU ne sont pratiquement pas mentionnés. Enfin, une bonne partie du texte est dédiée à la défense de la nouvelle loi anti casseur : elle n’entrave pas la liberté de manifester, « nul en France ne saurait être arrêté et n’a été arrêté en raison de sa seule qualité de manifestant » affirme le document.

SB : Et puis la mort d’un rockeur français.

RA : Dick Rivers s’est éteint le jour de ses 74 ans, on entend l’un de ses titres « Twist à Saint-Tropez », à l’époque où il était membre des Chats Sauvages un groupe de rock emblématique des années 60 en France. Dernière information, la mort de l’acteur français Jean-Pierre Marielle à l’âge de 87 ans.



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