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Flyboard

Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On ne parle que du flyboard de Jacky Zapata, cette étonnante machine volante qui lui a permis de survoler la Manche et de rallier l’Angleterre. Flyboard est une marque déposée, mais le mot n’a pas été choisi au hasard. Fly board… une planche qui vole ? Oui et non. Le nom est anglicisant bien sûr, mais on peut l’interroger : Fly veut dire voler. Et board ? Le mot se traduit souvent par planche, mais on peut surtout retenir qu’il a servi à désigner des objets sur lesquels on tient, plus ou moins en équilibre, et qui glissent ou qui roulent sur des milieux variés.

L’origine de cette famille d’objets et de mot est à chercher dans la pratique du surf. Même si le sport n’est pas nouveau, il a été popularisé en France dans les années 80 et n’apparaît pratiquement pas avant les années 60. Comme cette vogue venait essentiellement d’Amérique du. Nord, et plus précisément de Californie, cette pratique est restée très anglicisante. Le mot surf est resté tel quel, mais assez vite, le mot board a été traduit par son équivalent français : planche. Mais il avait été suffisamment entendu et utilisé pour qu’on le retrouve dans d’autres pratiques. Par exemple le skate-board. Skate en anglais, signifie patiner. Il y a bien longtemps d’ailleurs, enfin dans les années 30-40, on parlait de faire du skating pour évoquer le patinage. Mais cet anglicisme a totalement disparu en français : le patinage s’est imposé. En revanche, la pratique de la planche à roulettes a ramené dans notre langue le skateboard. Là encore la démocratisation et le succès de cette pratique ont imposé les équivalents français. S’ils n’ont pas totalement éliminé les mots anglais, ils sont très courants. Mais là encore, tout ce processus ancre le mot anglais board en français, et le rend propice à d’autres utilisations. On l’emploie donc pour des moyens de transport nouveaux, plus ou moins acrobatiques, plus ou moins sportifs, et qui souvent allient une réelle utilité avec un usage récréatif, pour s’amuser… On a ainsi le hoverboard, qui a gardé son nom anglais le plus souvent : le mot gyropode existe, mais il est bien peu entendu. Étonnant destin : au départ c’est un objet inventé, fictif : un genre de petite planche qui peut léviter, se tenir à quelques dizaines de centimètres du sol pour se déplacer. Et puis on appelle ainsi un objet bien réel, avec des roues, un moteur électrique intégré, et voilà un nouveau mode de déplacement urbain. Mais est-ce vraiment une planche qui relie les roues ? C’est plus petit ça ne flotte pas, ça ne glisse pas, mais le pli est pris : le mot board passe d’une invention à l’autre, pour se retrouver dans le flyboard aujourd’hui !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)



Voir le flux - 05/08/2019 08:45:04

Journal en français facile 04/08/2019 20h00 GMT

Transcription

Clément Fraioli : À l’écoute de Radio France Internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, 4h à Hong Kong. Bonsoir, et bienvenue, dans ce Journal en français facile. Pour m’aider à le présenter ce soir, Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie !

Sylvie Berruet : Bonsoir Clément, bonsoir à tous !

CF : Au sommaire de cette édition, des milliers de personnes dans les rues de Hong Kong ce dimanche. Pour le deuxième jour de suite, les manifestants réclamaient plus de démocratie. Un rassemblement marqué par l’utilisation de gaz lacrymogènes par la police.

SB : Les États-Unis endeuillés. En moins de 24h, deux fusillades meurtrières ont eu lieu. La première, à El Paso au Texas, a fait 20 morts. Le tireur a été arrêté, il risque la peine de mort. Quelques heures plus tard, un autre homme a ouvert le feu à Dayton dans l’Ohio tuant 9 personnes, avant d’être abattu par la police.

CF : Dans l’actualité également, ces nouvelles attaques du groupe État islamique en Syrie. Et puis en fin de journal vous retrouverez Yvan Amar, pour son « Expression de la semaine ».

------

SB : Nouvelle journée de manifestations à Hong Kong. Et nouvelles répressions par les forces de l’ordre.

CF : Tout comme hier, la police anti émeutes a usé de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Les manifestants s’étaient rassemblés pour réclamer plus de démocratie et dénoncer l’emprise de la Chine. 

Cette fois ce sont les résidents du district de Kennedy Town, un quartier situé à l’ouest de l’île de Hong Kong, qui a appelé leurs concitoyens à se réunir, pour une nouvelle fois accentuer la pression sur le gouvernement. Précédemment je me contentais de participer à ces événements, mais je ne les organisais pas. Cette fois j’avais vraiment envie de m’affirmer, car, premièrement on ne peut pas accepter cette loi d’extradition, et puis la violence de la police ne fait qu’empirer donc c’est, je pense, pour moi le temps de m’affirmer, de faire quelque chose. Comme toujours depuis maintenant presque deux mois, les Hongkongais ont répondu présents malgré la fatigue et la lassitude. Je crois que j’ai participé à toutes les manifestations ces deux derniers mois. Je sens la différence cette fois, il y a tellement de gens d’horizons différents. Il n’y a pas que des jeunes, il y a aussi des gens qui me semblent plus conservateurs, et même eux supportent ce mouvement. En tant que Hongkongais, si on ne se bat pas pour cela, on le regrettera dans le futur. Alors que les discours n’étaient pas encore terminés, plusieurs manifestants ont pris le métro en direction du quartier commerçant de Causeway Bay pour y ériger de nouveau des barricades. À chaque nouvel arrêt, ils chantaient des slogans appelant les usagers à rejoindre la grève générale prévue demain.

CF : À la suite de ces nouveaux rassemblements, Pékin hausse le ton s’élevant contre, je cite, « les forces abjectes » et promettant de ne pas rester « les bras croisés ».

SB : Il était l’idéologue et le numéro deux du régime meurtrier des Khmers rouges au Cambodge. Nuon Chea est mort à 93 ans.

CF : On l’appelait « le frère numéro deux ». Le bras droit de Pol Pot avait été condamné à la prison à perpétuité pour « crimes contre l’humanité ». Entre 1975 et 1979, le régime des Khmers rouges a fait quelque deux millions de morts. Nuon Chea n’a jamais reconnu sa responsabilité dans ce génocide. Il est mort à l’hôpital, où il avait été transféré en juillet dernier.

SB : Aux États-Unis, les drapeaux seront en berne, c’est-à-dire qu’ils seront baissés, ce dimanche.

CF : Un hommage aux 29 personnes tuées lors de deux fusillades ce week-end. Samedi matin d’abord, un tireur sème la mort dans un centre commercial d’El Paso au Texas, tuant 20 personnes. Un crime raciste selon la police. Le tueur a été arrêté et placé en garde à vue. Il est poursuivi pour terrorisme, la peine de mort est requise contre lui. Quelques heures plus tard, à Dayton dans l’état de l’Ohio cette fois, un homme a ouvert le feu dans un quartier historique du centre-ville. Il tue 9 personnes, dont sa sœur, avant d’être lui-même abattu par la police. La maire de Dayton, Nan Whaley, visiblement très émue a donné des précisions à la presse.

À 1h07 ce matin, un événement s’est produit dans le quartier historique d’Oregon. Un suspect a ouvert le feu dans ce quartier. Il portait un gilet pare-balle et avait de nombreuses munitions de calibre 223, et des chargeurs supplémentaires. En moins d’une minute, la police de Dayton a neutralisé le tireur. C’est une journée très triste pour notre ville, mais je suis impressionnée par la réponse rapide de la police. Leur action a permis à des centaines de vies d’être épargnées. Maintenant, nos pensées vont aux familles et aux amis qui étaient juste sortis en centre-ville un samedi soir et qui pensaient rentrer chez elles normalement, mais ça n’a pas été le cas.

CF : Nan Whaley, la maire de Dayton dans l’Ohio.

SB : Dans l’actualité africaine, le calendrier de la transition politique se précise au Soudan.

CF : Une autorité civile, chargée de piloter cette transition, sera formée le 18 août prochain. Une étape cruciale, importante, dans ce pays gouverné pendant 30 ans par un régime autoritaire et secoué depuis plusieurs mois par une contestation populaire inédite. En décembre dernier, des manifestations avaient débuté contre la hausse du prix du pain. Manifestations qui s’étaient rapidement transformées en mobilisations contre le pouvoir en place, et avaient abouti à la chute du président Omar El Béchir le 11 avril dernier.

SB : De nouvelles attaques du groupe État Islamique en Syrie.

CF : Le groupe djihadiste a lancé une série d’attaques contre des positions de l’armée syrienne, et de ses alliés. Des attaques situées à l’ouest de l’Euphrate dans la province de Deir Eizzor. 10 soldats syriens ont été tués, 3 autres ont été enlevés, tandis que 5 jihadistes ont été abattus. Les précisions de Paul Khalifeh.

L’attaque la plus meurtrière a eu lieu près de la ville de Bou Kamal, à la frontière syro-irakienne. Des combattants du groupe État islamique ont lancé des assauts simultanés contre des positions de l’armée syrienne et de ses alliés. De violents combats ponctués de tirs de roquettes et d’obus de mortier ont duré des heures. Dans la ville d’al-Mayadeen, plus au nord, le groupe État islamique a usé d’une ruse pour enlever des miliciens proches de l’Iran. Les jihadistes ont allumé un feu non loin d’une base des troupes gouvernementales et ont capturé trois miliciens pro-iraniens envoyés en éclaireur. Malgré les renforts dépêchés par l’armée syrienne, les trois prisonniers ont été exfiltrés vers le désert de la Badia. Le groupe État islamique reste très actif sur les deux rives de l’Euphrate. Ses cellules dormantes harcèlent les Forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis à l’est du fleuve, et attaquent les troupes gouvernementales à l’ouest. L’Observatoire syrien des droits de l’homme affirme que 210 soldats syriens et 72 jihadistes ont été tués depuis le mois de mars. Des membres des Gardiens de la révolution iranienne des combattants du Hezbollah libanais et des soldats russes ont aussi péri dans cette zone désertique appelée le triangle de la mort. Paul Khalifeh, Beyrouth, RFI.

CF : La deuxième tentative aura été la bonne. Franky Zapata est parvenu à traverser la Manche à bord de son « Flyboard » ce dimanche. Sur cette plateforme volante, propulsée par des réacteurs, le Français a donc relié la plage française de Sangatte aux côtes britanniques en un peu plus de 20 minutes. La première tentative fin juillet c’était soldé par un échec. À peine cet exploit réalisé, Franky Zapata a fait part de ces prochains défis : voler à 2000 mètres au-dessus des nuages ou encore terminer son prototype de voiture volante. 22h08 à Paris, l’heure de retrouver « L’expression de la semaine » d’Yvan Amar. Et aujourd’hui, il nous parle de l’expression « la nuit du 4 août ».

Nous voici au bord de la nuit du 4 août. Et cette expression, la nuit du 4 août, est importante dans l’histoire de France, et en particulier dans l’histoire de la Révolution. Pas autant que le 14 juillet évidemment. Mais c’est juste après, à peine deux semaines plus tard, que l’histoire accélère et prend ce tournant décisif : à l’Assemblée Constituante, on va voter l’abolition des privilèges. Pendant l’Ancien Régime, à l’époque de la royauté, les nobles et les gens d’Église avaient des avantages sur tout le reste de la population. Ils pouvaient par exemple percevoir des impôts, et eux n’en payaient pas. Et bien tout ça est aboli. C’est-à-dire qu’on supprime ces dispositions cette organisation. C’est bien ça une abolition : un peu comme une abrogation, cet autre mot existe : on abolit ou on abroge. Mais quand on parle d’abolition, c’est encore plus fort : on balaye tout ça. On ne fait pas comme si ça n’avait jamais existé : ça n’est pas possible, mais on l’annule de fond en comble. Souvent le mot s’applique aux pratiques qu’on trouve infamantes. Et il est même intéressant de voir à quels moments de l’histoire il a été le plus utilisé : trois moments clés. L’abolition des privilèges, durant la grande Révolution française. Celle de l’esclavage. Et l’abolition de la peine de mort.

CF : C’était « L’expression de la semaine » signée Yvan Amar. C’est la fin de ce journal en Français facile. Merci de l’avoir écouté, et merci à Sylvie Berruet de m’avoir aidé à le présenter.



Voir le flux - 04/08/2019 20:30:11

Journal en français facile 04/08/2019 20h00 GMT

Transcription

Clément Fraioli : À l’écoute de Radio France Internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, 4h à Hong Kong. Bonsoir, et bienvenue, dans ce Journal en français facile. Pour m’aider à le présenter ce soir, Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie !

Sylvie Berruet : Bonsoir Clément, bonsoir à tous !

CF : Au sommaire de cette édition, des milliers de personnes dans les rues de Hong Kong ce dimanche. Pour le deuxième jour de suite, les manifestants réclamaient plus de démocratie. Un rassemblement marqué par l’utilisation de gaz lacrymogènes par la police.

SB : Les États-Unis endeuillés. En moins de 24h, deux fusillades meurtrières ont eu lieu. La première, à El Paso au Texas, a fait 20 morts. Le tireur a été arrêté, il risque la peine de mort. Quelques heures plus tard, un autre homme a ouvert le feu à Dayton dans l’Ohio tuant 9 personnes, avant d’être abattu par la police.

CF : Dans l’actualité également, ces nouvelles attaques du groupe État islamique en Syrie. Et puis en fin de journal vous retrouverez Yvan Amar, pour son « Expression de la semaine ».

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SB : Nouvelle journée de manifestations à Hong Kong. Et nouvelles répressions par les forces de l’ordre.

CF : Tout comme hier, la police anti émeutes a usé de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Les manifestants s’étaient rassemblés pour réclamer plus de démocratie et dénoncer l’emprise de la Chine. 

Cette fois ce sont les résidents du district de Kennedy Town, un quartier situé à l’ouest de l’île de Hong Kong, qui a appelé leurs concitoyens à se réunir, pour une nouvelle fois accentuer la pression sur le gouvernement. Précédemment je me contentais de participer à ces événements, mais je ne les organisais pas. Cette fois j’avais vraiment envie de m’affirmer, car, premièrement on ne peut pas accepter cette loi d’extradition, et puis la violence de la police ne fait qu’empirer donc c’est, je pense, pour moi le temps de m’affirmer, de faire quelque chose. Comme toujours depuis maintenant presque deux mois, les Hongkongais ont répondu présents malgré la fatigue et la lassitude. Je crois que j’ai participé à toutes les manifestations ces deux derniers mois. Je sens la différence cette fois, il y a tellement de gens d’horizons différents. Il n’y a pas que des jeunes, il y a aussi des gens qui me semblent plus conservateurs, et même eux supportent ce mouvement. En tant que Hongkongais, si on ne se bat pas pour cela, on le regrettera dans le futur. Alors que les discours n’étaient pas encore terminés, plusieurs manifestants ont pris le métro en direction du quartier commerçant de Causeway Bay pour y ériger de nouveau des barricades. À chaque nouvel arrêt, ils chantaient des slogans appelant les usagers à rejoindre la grève générale prévue demain.

CF : À la suite de ces nouveaux rassemblements, Pékin hausse le ton s’élevant contre, je cite, « les forces abjectes » et promettant de ne pas rester « les bras croisés ».

SB : Il était l’idéologue et le numéro deux du régime meurtrier des Khmers rouges au Cambodge. Nuon Chea est mort à 93 ans.

CF : On l’appelait « le frère numéro deux ». Le bras droit de Pol Pot avait été condamné à la prison à perpétuité pour « crimes contre l’humanité ». Entre 1975 et 1979, le régime des Khmers rouges a fait quelque deux millions de morts. Nuon Chea n’a jamais reconnu sa responsabilité dans ce génocide. Il est mort à l’hôpital, où il avait été transféré en juillet dernier.

SB : Aux États-Unis, les drapeaux seront en berne, c’est-à-dire qu’ils seront baissés, ce dimanche.

CF : Un hommage aux 29 personnes tuées lors de deux fusillades ce week-end. Samedi matin d’abord, un tireur sème la mort dans un centre commercial d’El Paso au Texas, tuant 20 personnes. Un crime raciste selon la police. Le tueur a été arrêté et placé en garde à vue. Il est poursuivi pour terrorisme, la peine de mort est requise contre lui. Quelques heures plus tard, à Dayton dans l’état de l’Ohio cette fois, un homme a ouvert le feu dans un quartier historique du centre-ville. Il tue 9 personnes, dont sa sœur, avant d’être lui-même abattu par la police. La maire de Dayton, Nan Whaley, visiblement très émue a donné des précisions à la presse.

À 1h07 ce matin, un événement s’est produit dans le quartier historique d’Oregon. Un suspect a ouvert le feu dans ce quartier. Il portait un gilet pare-balle et avait de nombreuses munitions de calibre 223, et des chargeurs supplémentaires. En moins d’une minute, la police de Dayton a neutralisé le tireur. C’est une journée très triste pour notre ville, mais je suis impressionnée par la réponse rapide de la police. Leur action a permis à des centaines de vies d’être épargnées. Maintenant, nos pensées vont aux familles et aux amis qui étaient juste sortis en centre-ville un samedi soir et qui pensaient rentrer chez elles normalement, mais ça n’a pas été le cas.

CF : Nan Whaley, la maire de Dayton dans l’Ohio.

SB : Dans l’actualité africaine, le calendrier de la transition politique se précise au Soudan.

CF : Une autorité civile, chargée de piloter cette transition, sera formée le 18 août prochain. Une étape cruciale, importante, dans ce pays gouverné pendant 30 ans par un régime autoritaire et secoué depuis plusieurs mois par une contestation populaire inédite. En décembre dernier, des manifestations avaient débuté contre la hausse du prix du pain. Manifestations qui s’étaient rapidement transformées en mobilisations contre le pouvoir en place, et avaient abouti à la chute du président Omar El Béchir le 11 avril dernier.

SB : De nouvelles attaques du groupe État Islamique en Syrie.

CF : Le groupe djihadiste a lancé une série d’attaques contre des positions de l’armée syrienne, et de ses alliés. Des attaques situées à l’ouest de l’Euphrate dans la province de Deir Eizzor. 10 soldats syriens ont été tués, 3 autres ont été enlevés, tandis que 5 jihadistes ont été abattus. Les précisions de Paul Khalifeh.

L’attaque la plus meurtrière a eu lieu près de la ville de Bou Kamal, à la frontière syro-irakienne. Des combattants du groupe État islamique ont lancé des assauts simultanés contre des positions de l’armée syrienne et de ses alliés. De violents combats ponctués de tirs de roquettes et d’obus de mortier ont duré des heures. Dans la ville d’al-Mayadeen, plus au nord, le groupe État islamique a usé d’une ruse pour enlever des miliciens proches de l’Iran. Les jihadistes ont allumé un feu non loin d’une base des troupes gouvernementales et ont capturé trois miliciens pro-iraniens envoyés en éclaireur. Malgré les renforts dépêchés par l’armée syrienne, les trois prisonniers ont été exfiltrés vers le désert de la Badia. Le groupe État islamique reste très actif sur les deux rives de l’Euphrate. Ses cellules dormantes harcèlent les Forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis à l’est du fleuve, et attaquent les troupes gouvernementales à l’ouest. L’Observatoire syrien des droits de l’homme affirme que 210 soldats syriens et 72 jihadistes ont été tués depuis le mois de mars. Des membres des Gardiens de la révolution iranienne des combattants du Hezbollah libanais et des soldats russes ont aussi péri dans cette zone désertique appelée le triangle de la mort. Paul Khalifeh, Beyrouth, RFI.

CF : La deuxième tentative aura été la bonne. Franky Zapata est parvenu à traverser la Manche à bord de son « Flyboard » ce dimanche. Sur cette plateforme volante, propulsée par des réacteurs, le Français a donc relié la plage française de Sangatte aux côtes britanniques en un peu plus de 20 minutes. La première tentative fin juillet c’était soldé par un échec. À peine cet exploit réalisé, Franky Zapata a fait part de ces prochains défis : voler à 2000 mètres au-dessus des nuages ou encore terminer son prototype de voiture volante. 22h08 à Paris, l’heure de retrouver « L’expression de la semaine » d’Yvan Amar. Et aujourd’hui, il nous parle de l’expression « la nuit du 4 août ».

Nous voici au bord de la nuit du 4 août. Et cette expression, la nuit du 4 août, est importante dans l’histoire de France, et en particulier dans l’histoire de la Révolution. Pas autant que le 14 juillet évidemment. Mais c’est juste après, à peine deux semaines plus tard, que l’histoire accélère et prend ce tournant décisif : à l’Assemblée Constituante, on va voter l’abolition des privilèges. Pendant l’Ancien Régime, à l’époque de la royauté, les nobles et les gens d’Église avaient des avantages sur tout le reste de la population. Ils pouvaient par exemple percevoir des impôts, et eux n’en payaient pas. Et bien tout ça est aboli. C’est-à-dire qu’on supprime ces dispositions cette organisation. C’est bien ça une abolition : un peu comme une abrogation, cet autre mot existe : on abolit ou on abroge. Mais quand on parle d’abolition, c’est encore plus fort : on balaye tout ça. On ne fait pas comme si ça n’avait jamais existé : ça n’est pas possible, mais on l’annule de fond en comble. Souvent le mot s’applique aux pratiques qu’on trouve infamantes. Et il est même intéressant de voir à quels moments de l’histoire il a été le plus utilisé : trois moments clés. L’abolition des privilèges, durant la grande Révolution française. Celle de l’esclavage. Et l’abolition de la peine de mort.

CF : C’était « L’expression de la semaine » signée Yvan Amar. C’est la fin de ce journal en Français facile. Merci de l’avoir écouté, et merci à Sylvie Berruet de m’avoir aidé à le présenter.



Voir le flux - 04/08/2019 20:30:11

Journal en français facile 03/08/2019 20h00 GMT

Transcription

Clément Fraioli : Vous écoutez RFI, il est 20h en temps universel, 22h à Paris. Bonsoir, et bienvenue dans cette nouvelle édition du Journal en français facile. Un journal que je présenterai ce soir en compagnie de Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie !

Sylvie Berruet : Bonsoir Clément, bonsoir à tous !

CF : Au sommaire de ce journal, la contestation se poursuit à Hong Kong. Plusieurs milliers de personnes ont défilé pour critiquer le poids de la Chine dans la région.

SB : Mobilisation également en Russie. À Moscou ce samedi on manifestait pour plus de démocratie. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées.

CF : Et puis en fin de journal, nous retrouverons Yvan Amar et son Mot de la semaine.

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SB : C’est le début d’un week-end de protestation à Hong Kong, avec une première manifestation ce samedi.

CF : Ils étaient des milliers à être descendus dans la rue pour dénoncer l’emprise de la Chine. Pékin et les autorités locales avaient pourtant haussé le ton cette semaine en procédant notamment à des dizaines d’arrestations. Mais les militants pro démocratie restent mobilisés, comme a pu le constater sur place notre envoyé spécial Zifhan Liu.

La journée avait commencé dans une ambiance festive et familiale avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants qui ont une nouvelle fois exprimé leur souhait de démocratie dans l’archipel, à l’image de ce jeune participant qui tente de garder son optimisme. Je n’arrive pas à m » imaginer le futur, je fais juste ce que je peux. Beaucoup de personnes se sont suicidées, et je ne veux pas les décevoir. Je veux aider les autres à réaliser ce rêve. Je pense qu’en ce moment, Hong Kong n’a jamais été aussi uni, tout le monde fait de son mieux et espère que Hong Kong ira mieux. Le long des rues désertes et fermées à la circulation, quelques boutiques qui n’avaient pas baissé pavillon disposaient des bouteilles d’eau gratuitement pour ravitailler les manifestants. Dans le cortège certains relayaient les donations. On met du matériel à disposition des protestataires qui vont sur la ligne de front, car on a entendu que certains ne peuvent s’acheter de l’argent ou s’offrir un repas, car ils mettent tout leur argent pour s’acheter des équipements pour se battre contre le gouvernement. C’est pour ça qu’on essaie de leur donner de l’eau ou de la nourriture pour les aider. Comme de coutume désormais, la soirée s’est terminée au milieu des gaz lacrymogènes lancés par les forces de l’ordre avant une nouvelle journée de manifestation prévue demain.

SB : Des manifestations également à Moscou en Russie. Elles ont été réprimées par les forces de l’ordre.

CF : Selon une Organisation Non Gouvernementale, au moins 600 personnes, dont des journalistes, ont été arrêtées au cours de ce rassemblement non autorisé. Les manifestants réclamaient des élections libres. Comme l’explique cet habitant de Moscou.

« Je suis venu manifester parce que la situation actuelle en Russie est très grave et si ça continue comme ça les conséquences seront terribles ! Si Poutine et son régime ne font aucun compromis, l’évolution sera déplorable à Moscou comme dans le reste du pays. Peut-être que cette manifestation ne changera rien, mais il faut avancer pas à pas. Le pouvoir n’est pas prêt à faire des compromis pour le moment, mais au bout d’un certain temps ils y seront obligés parce qu’ils ne pourront pas constamment ignorer ce que dit l’opposition. » Cette manifestation est interdite vous n’avez pas peur d’être arrêté ? « Dans notre pays on peut se faire arrêter à n’importe quel moment, n’importe quel jour, qu’ils m’arrêtent ici ou ailleurs ça ne change rien ! Si je suis venu ici, c’est que je suis prêt… Parce que si personne ne sort dans la rue alors rien ne changera. Toutes les personnes qui sont venues ici veulent que les choses changent ! »

CF : Un témoignage recueilli par notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot.

CF : Une fusillade a eu lieu ce samedi au Texas aux États-Unis. Cela s’est passé dans la ville d’El Paso, dans une zone commerciale. Les autorités parlent d’entre 15 et 20 personnes touchées. Le maire de la ville, lui, fait état de « plusieurs morts », sans donner plus de détails. 3 personnes ont été placées en garde à vue.

SB : Plusieurs rassemblements étaient organisés en France ce samedi, pour rendre hommage à Steve Caniço.

CF : À Nantes par exemple dans l’ouest du pays, plusieurs centaines de personnes se sont recueillies près du lieu où le corps du jeune homme a été retrouvé ce lundi. Steve Caniço avait disparu le 21 juin dernier, lors de la soirée de la Fête de la musique. Il était tombé dans la Loire après une intervention de la police. En début d’après-midi, des milliers de personnes ont défilé dans le centre-ville, malgré l’interdiction de la préfecture. La police a répondu aux jets de projectiles par des gaz lacrymogènes et des canons à eau. 34 personnes ont été arrêtées. D’autres rassemblements ont eu lieu à Paris, Montpellier, ou encore Toulouse.

SB : Après un premier échec, le Français Franky Zapata va essayer à nouveau de traverser la Manche à bord de son « Flyboard ».

CF : « L’homme volant », comme on le surnomme, avait en effet déjà tenté sa chance il y a quelques jours sur cette plateforme volante propulsée par des réacteurs. Mais il était tombé à l’eau à mi-parcours. Mais cette fois, il a mis toutes les chances de son côté, Léa Boutin-Rivière.

Comme pour sa première tentative, Franky Zapata décollera de Sangatte dans le Nord tôt le matin, pour tenter de rejoindre St Margaret’s Bay en Angleterre à bord de son fameux FlyBoard. Mais cette fois, l’homme volant a pris en compte les facteurs qui l’avaient mené à l’échec lors de l’essai précédent. Pour commencer, il a, bien sûr, réparé son engin volant... car les moteurs et l’électronique de la machine avaient été endommagés lors de la chute de l’inventeur, le 25 juillet dernier. Surtout, l’ancien champion du monde de jet-ski a apporté quelques modifications à l’étape du ravitaillement. Car pour voler, le FlyBoard utilise du carburant, stocké dans le sac à dos de Franky Zapata... et il faut refaire le plein à mi-parcours. Seulement, souvenez-vous : lors du précédent essai, c’est au moment du réapprovisionnement que Franky Zapata était tombé à l’eau... Il avait percuté la plateforme du bateau qui transportait le kérosène nécessaire à la traversée, à une quinzaine de kilomètres des côtes françaises. Alors cette fois, l’inventeur et son équipe ont choisi un bateau de ravitaillement plus grand, donc plus facile à accoster... et situé dans les eaux françaises, donc un peu plus près du point de départ. Et s’il devait encore échouer, Franky Zapata le garantit : il n’arrêtera pas avant d’avoir réussi son pari.

CF : Léa Boutin-Rivière.

SB : En football, le Paris Saint Germain a bien lancé sa saison.

CF : Les Parisiens affrontaient le Stade Rennais dans le cadre du Trophée des Champions. Un match qui se jouaient en Chine, et qui a vu le PSG s’imposer 2 buts à 1, grâce à des réalisations de Kylian Mbappé et Angel di Maria. C’est le 9e Trophée des champions gagné par le Paris Saint Germain. Le 7e d’affilée ! L’occasion de mettre l’équipe sur de bons rails, à une semaine de la reprise du championnat.

CF : Il est 22h07 à Paris, l’heure de retrouver le Mot de la semaine d’Yvan Amar. Cette semaine il nous explique le terme « inéligible ».

Lionel Zinsou inéligible ? Il vient d’être condamné à cette peine par une cour de justice béninoise. Et il a déclaré qu’il allait faire appel, donc on ne sait pas s’il pourra ou pas se présenter aux prochaines élections dans son pays, le Bénin. Mais la peine qui le frappe est claire : s’il est inéligible, c’est qu’il n’a pas le droit d’être élu. Donc qu’il n’a pas le droit de se présenter à une élection, pas le droit de se mettre dans une position où il pourrait être élu. La construction du mot est claire : à partir du verbe élire, on construit l’adjectif éligible, puis son contraire, inéligible. Attention quelqu’un qui est inéligible n’est pas forcément déchu de ses droits civiques : il a gardé son droit de vote, mais n’a pas le droit qu’on vote pour lui. Mais on entend souvent l’adjectif éligible dans un autre sens, qui n’a rien à voir. Il signifie qu’on est dans une situation qui permet de bénéficier d’un service. Si par exemple on veut emprunter de l’argent à une banque. Si on n’a pas fini de rembourser un emprunt précédent, ça peut vous rendre inéligible : on ne remplit pas toutes les conditions pour qu’on vous prête de l’argent. Ou alors si vous êtes trop vieux : la banque ne vous prêtera pas parce qu’elle a peur que vous mouriez avant d’avoir remboursé : vous êtes inéligible à ce prêt. Mais il peut s’agir de circonstances bien différentes : vous achetez un téléphone, et vous avez un forfait, un abonnement auprès d’un opérateur, d’une compagnie de communications téléphoniques. Au bout de trois ans, vous aurez le droit de demander un téléphone neuf, gratuitement : vous serez éligible à cette offre. Mais avant, non !

CF : C’était le Mot de la semaine d’Yvan Amar. C’est ainsi que se termine ce Journal en français facile. Merci à vous de l’avoir écouté, et merci à Sylvie Berruet de m’avoir aidé à le présenter. Bonne soirée !



Voir le flux - 03/08/2019 20:30:10

Journal en français facile 02/08/2019 20h00 GMT

Transcription

 

Pierre Pillet : Vous écoutez Radio France internationale. Il est 20 heures en temps universel, 22 heures à Paris. Bonsoir à tous, bienvenue dans le journal en français facile. Sylvie Berruet est avec nous ce soir, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Pierre, bonsoir à tous. 

PP : C’est l’information de la soirée : un accord a été trouvé entre les États-Unis et l’Union européenne sur l’exportation du bœuf américain.

SB : C’est une première depuis le début du mouvement de contestation à Hong Kong : des fonctionnaires ont manifesté aujourd’hui.

PP : En France, la manifestation en hommage à Steve, dans le centre-ville de Nantes, sera interdite demain. La justice rejette le recours déposé par la Ligue des droits de l’Homme.

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SB : À la une ce soir : Donald Trump annonce un accord avec l’Union européenne sur le commerce du bœuf américain.

PP : Pendant plusieurs années, les États-Unis et l’UE n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente. Les Européens avaient peur de voir arriver sur leurs marchés du bœuf élevé aux hormones. Une solution a donc été trouvée et le président américain se montre très satisfait, Anastasia Becchio.

Donald Trump qualifie l’accord d’« avancée majeure » : pour les agriculteurs et les éleveurs américains, tout d’abord. La première année, les exportations de bœuf américain sans droits de douane vont s’accroître de 46 % et au cours des sept prochaines années, elles vont augmenter de 90 % supplémentaires, a affirmé le président américain lors de la cérémonie de signature à la Maison-Blanche, en présence de représentants de l’UE. Autre bénéficiaire de l’accord, selon Donald Trump : le consommateur européen, parce que le « bœuf américain est considéré comme étant le meilleur au monde » se vante-t-il. La viande de bœuf américaine a pourtant longtemps été bloquée des marchés européens. En cause : l’utilisation des hormones de croissance par les éleveurs outre-Atlantique. En 1988, l’Europe a tout simplement interdit l’importation de viande bovine issue d’animaux auxquels ont été administrées des hormones. En représailles, les États-Unis avaient imposé des sanctions douanières sur certains produits du terroir. Un compromis avait finalement été trouvé et les exportations de bœuf de haute qualité avaient peu à peu repris. Cette fois, l’accord prévoit qu’à terme, 35 000 tonnes du quota européen soient réservées aux États unis. Phil Hogan, le commissaire européen à l’agriculture, a assuré qu’il n’allait « pas changer le volume total, la qualité ou la sécurité du bœuf importé. » L’accord doit entrer en vigueur à l’automne, mais auparavant devra être approuvé par le Parlement européen.

PP : Merci Anastasia Becchio pour ces précisions.

SB : Donald Trump qui par ailleurs annonce des droits douanes supplémentaires sur 300 milliards de dollars d’importations chinoises.

PP : Un autre conflit commercial se déroule, celui entre le Japon et la Corée du Sud. Le Japon retire la Corée du Sud de sa liste des pays qui bénéficient d’avantages commerciaux. Les contentieux historiques entre les deux nations sont toujours présents. Les explications de Frédéric Charles.

Le Japon veut punir la Corée du Sud pour ne pas être intervenu lorsque des tribunaux coréens ont ordonné, l’an dernier, à des groupes japonais comme Nippon Steel et Mitsubishi Heavy, de dédommager des Coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines durant la Seconde Guerre mondiale. Pour le Japon, cette question des dédommagements était réglée avec le traité de normalisation entre les deux pays en 1965 : à l’époque, la Corée du Sud était sous dictature militaire et les victimes du travail forcé n’ont reçu aucune compensation. Le passé entre le Japon et la Corée du Sud continue de diviser les deux pays, rejaillit sur le terrain commercial et a pris une tournure tragique il y a deux semaines avec l’immolation d’un Sud-coréen devant l’ambassade du Japon à Séoul. Donald Trump s’inquiète de la détérioration des relations entre les deux alliés asiatiques des États-Unis, eux-mêmes engagés dans une guerre commerciale avec la Chine. Frédéric Charles, Tokyo, RFI.

PP : Direction Hong Kong à présent, où les manifestations continuent contre le gouvernement local favorable à la Chine. Avec un masque noir sur le visage, des fonctionnaires se sont réunis aujourd’hui, c’est une première depuis le début du mouvement de contestation. Le reportage de de Zhifan Liu, envoyé spécial de RFI à Hong Kong.

« A l’appel de plusieurs fonctionnaires du gouvernement, 40 000 Hongkongais se sont réunis hier dans le parc Chater Garden. Mais le jardin, logé au milieu des gratte-ciel du quartier des affaires est rapidement devenu trop petit et les participants se sont déployés le long des rues alentour. Avec ce rassemblement, les fonctionnaires veulent eux aussi faire entendre leur voix, c’est le cas de ce postier venu avec quelques dizaines de collègues : “Après avoir travaillé et accompli notre devoir, nous devenons des gens ordinaires. Nous avons le droit de protester, de nous réunir et de rejoindre la manifestation, c’est notre droit de citoyen. Nous sommes très mécontents du gouvernement. En tant que fonctionnaires, nous avons la responsabilité d’exprimer ce mécontentement, et beaucoup d’entre nous viennent ici pour dire non au gouvernement.” 2000 fonctionnaires étaient présents malgré les menaces de sanctions de la part de leur propre gouvernement. Un soutien plus que bienvenu pour les protestataires de longue date qui crient leur colère depuis maintenant deux mois. “Je les trouve courageux... ils ont l’audace de se mobiliser. C’est très important parce qu’ils travaillent pour le gouvernement... ils ne peuvent donc pas être en première ligne lors des manifestations. Ce rassemblement autorisé est une autre forme de soutien... et il encourage une protestation pacifique.” La manifestation s’est déroulée dans le calme avant un week-end qui s’annonce une nouvelle fois tendu entre manifestants et forces de l’ordre. Zhifan Liu, Hong Kong, RFI. »

SB : Plusieurs manifestations sont donc prévues ce week-end et grève générale aura lieu lundi. 

PP : L’actualité en Europe, un navire humanitaire de l’ONG espagnole Open Arms avec 124 migrants à son bord cherche un port après l’interdiction d’accoster en Italie. Les migrants ont été secourus en mer hier après-midi et cette nuit.

SB : Au Royaume-Uni, le parti conservateur n’a plus qu’un siège d’avance sur l’opposition au Parlement.

PP : C’est la conséquence de la victoire du parti Libéral Démocrate lors d’une élection partielle hier. Un résultat qui fragilise Boris Johnson en vue du Brexit : c’est l’avis de Simon Usherwood, professeur en sciences politiques.

À moyen terme, la question c’est de savoir s’il va se retrouver contraint à affronter des élections anticipées dont il ne veut pas et qu’il n’est pas sûr de gagner. Or, si des élections anticipées sont une option, c’est encore plus vrai après ce scrutin. Car soit Boris Johnson se dit que sa popularité ne peut que se dégrader d’ici au 31 octobre, et donc qu’il vaut mieux aller aux urnes le plus tôt possible ; soit les partis d’opposition pensent qu’ils peuvent trouver un ou deux rebelles chez les conservateurs, suffisamment inquiets à l’idée d’une sortie sans accord pour faire tomber leur gouvernement. Voilà les deux scénarios qui pourraient conduire à des législatives à présent. Et il reste juste assez de temps pour qu’à la rentrée du Parlement, si une motion de censure était déposée et votée, les élections puissent avoir lieu avant la fin octobre. Ce qui laisse toutes les options sur la table, d’une sortie sans accord à l’organisation d’un nouveau référendum qui pourrait à son tour remettre en cause le Brexit lui-même.

PP : Simon Usherwood, professeur en sciences politiques, il répondait à Juliette Gheerbrant.

SB : En France, la manifestation en hommage à Steve, dans le centre-ville de Nantes, sera interdite demain. La justice rejette le recours déposé par la Ligue des droits de l’Homme. 

PP : Les autorités redoutent des violences. Steve Maia Caniço c’est ce jeune de 24 ans dont le corps a été repêché dans la Loire. Il était tombé le soir de la fête de la musique lors d’une opération des forces de l’ordre qui fait l’objet de deux enquêtes.

SB : Une autre enquête a été faite, celle de l’IGPN, ce sont des policiers qui enquêtent sur l’action... des policiers, comme cela a été le cas après des manifestations de gilets jaunes.

PP : Et cet après-midi un rassemblement était organisé devant le siège de l’IGPN en région parisienne, le reportage de Pierre Olivier.

« Castaner, en prison ». Face à un cordon de policiers, ils sont plusieurs dizaines, parfois un gilet jaune sur les épaules, à demander la démission du ministre de l’Intérieur. Dans toutes les têtes, il y a bien sûr le décès de Teve à Nantes. « Je suis scandalisée, scandalisée qu’on en soit là, que la police puisse en toute impunité agir et tout passe inaperçu, enfin tout semble devenir normal, c’est-à-dire qu’on peut tuer un gosse qui écoute de la musique, le 21 juin, un peu fort, à quatre heures du matin et on nous explique que c’est normal, enfin voilà... » Dans la foule Adama lui a fait le déplacement depuis la Seine-Saint-Denis, selon lui la mort de Steve a enfin créé un électrochoc en France. « Nous les banlieusards pendant de nombreuses années on a crié haut et fort comme quoi il y a des violences policières et surtout il y a de l’impunité policière, on ne nous a jamais crus, on nous a diabolisés. Aujourd’hui, la mort de Steve est la mort de trop, car le Premier ministre a pris la parole : ça veut tout dire. Comment se fait-il qu’aujourd’hui Steve réveille tout le monde alors que nous (ce qu’il se passe) dans nos quartiers, dans nos banlieues, ça n’offusque pas le Premier ministre ? » Alors pour maintenir la pression sur le gouvernement et que cessent les violences policières, un appel à se rassembler tous les vendredis, devant le siège de l’IGPN, a été lancé.

PP : Toujours en France, le pilote d’un avion bombardier d’eau est décédé dans le Sud. L’appareil s’est écrasé dans le département du Gard dans la lutte contre un incendie. C’est la fin de ce journal en français facile, il est presque 21h10 à Paris. 



Voir le flux - 02/08/2019 20:30:10

Riposte

Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La riposte à l’épidémie d’Ebola en RDC va-t-elle suffire à enrayer le mal ? A-t-elle été déclenchée à temps ? Est-elle suffisante ? Ce sont des questions qu’on se pose face à ce mal qui, de nouveau, s’étend, et contre lequel on a bien du mal à se défendre. Mais on se défend car il attaque ! C’est bien ainsi que souvent on voit les choses, ce qui explique par exemple ce mot de riposte qu’on entend beaucoup et qui est investi d’un sens très concret : la riposte, c’est ainsi qu’on nomme toute l’organisation qui s’est mise en place pour lutter contre la maladie et son extension.

Le mot désigne donc concrètement l’action entreprise, les personnes qui sont engagées dans cette bataille et même l’administration du processus : on parle des équipes de la riposte qui arrivent dans les villages pour se traiter les malades, tenter de limiter la contagion, mettre à l’écart et traiter les personnes contaminantes, etc.

Et ce mot de riposte, on l’a particulièrement remarqué dans des situations d’épidémie : on a parlé également de riposte au Sida, même si le terme était moins fréquent.

Le choix de ce mot indique plusieurs choses : d’abord que l’épidémie est identifiée à une attaque. Et on est contraint à se défendre : le vocabulaire est celui de la guerre, ou tout au moins de la bataille.

Ensuite, la riposte est une réponse : un geste qui vient en second, en écho à une agression. Et, son sens, ses échos correspondent bien à une volonté de ne pas se laisser dominer.

Bien sûr, le mot est métaphorique : il est utilisé à titre de comparaison, dans un sens figuré. Les premiers sens se trouvent soit dans des contextes de dialogues, soit dans des situations d’assaut réel : riposte est un terme d’escrime et bien sûr de stratégie. Et il fait d’abord penser à une réponse très rapide, qui vient presque immédiatement : la riposte n’attend pas ! Elle évoque un mouvement presque réflexe, déclenché par l’attaque première, comme une contre-attaque instantanée. Mais elle évoque aussi la vivacité : l’intensité de la riposte est proportionnelle à l’agression subie : aussi forte, sinon plus !

Et ainsi le combat s’engage, sans qu’on sache qui va le gagner. Mais s’il y a riposte, c’est que la lutte est engagée ! Et quand on parle de riposte, cela implique aussi qu’on ne va pas se laisser faire. Il ne s’agit pas d’une réponse différée, qui vient plus tard : riposte n’est pas synonyme de représailles.

Les représailles représentent une violence symétrique à celle qu’on a subie, mais pour faire bonne mesure, plus que pour se défendre : on n’est pas loin de l’idée de vengeance : œil pour œil… Mais la vengeance, on le sait, est un plat qui se mange froid. Alors que la riposte se sert chaude !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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Voir le flux - 02/08/2019 09:15:06

Journal en français facile 01/08/2019 20h00 GMT

Transcription

Marie Casadebaig : Bonsoir et bienvenue dans votre journal en français facile. À mes côtés ce soir, Sébastien Duhamel. Bonsoir Sébastien.

Sébastien Duhamel : Bonsoir Marie, bonsoir à tous.

MC : Avec à la Une, le régime syrien propose un arrêt des combats à Idleb, mais à certaines conditions. Cela fait trois mois que cette zone, sous contrôle jihadiste, est bombardée par Damas et Moscou.

SD : Hong Kong, à quelques jours de nouvelles manifestations qui s'annoncent particulièrement tendues, la justice se montre très sévère et l'armée chinoise prévient qu'elle a les moyens de ramener l'ordre.

MC : Le calendrier des matches de football professionnels doit évoluer et laisser plus de jours de repos aux joueurs entre deux rencontres. Ce sont les conseils d'un syndicat mondial, pour éviter les problèmes de santé.

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SD : C'est l'information de la soirée, le régime syrien donne son accord à un cessez-le-feu dans la région d'Idleb.

MC : Bonsoir Christophe Paget. Cette région du nord-ouest est bombardée depuis trois mois par l'armée syrienne et son allié russe.

La province d’Idleb est contrôlée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, l’ex-branche syrienne d’al-Qaïda. D’autres factions et groupes rebelles y sont aussi présents. Selon l’agence officielle Sana, Damas annonce qu’elle a accepté un cessez-le-feu à partir de ce soir, mais un cessez-le-feu conditionnel : à condition que l’accord de désescalade conclu en septembre dernier entre la Russie et la Turquie soit appliqué. Un accord prévu pour créer une zone démilitarisée à Idleb, qui devait servir de tampon entre les territoires contrôlés par les insurgés et ceux tenus par le régime. Du fait de cet accord, à cause de cet accord, Damas n’a pas mené d’offensive d’envergure. Mais cet accord n’a, jusqu’ici, été respecté qu’en partie, puisque les jihadistes ne se sont pas retirés. La Russie s’est félicitée de l’annonce du cessez-le-feu par la bouche de son envoyé spécial pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev, qui a émis des doutes sur le respect de cette trêve par les jihadistes, estimant que leur nombre à Idleb était « du jamais vu ». En trois mois de bombardements, depuis fin avril, plus de 400 000 personnes sur trois millions d’habitants ont dû fuir leur foyer dans cette province d’Idleb. 770 civils ont été tués.

SD : Deux attaques très meurtrières dans le sud du Yémen.

MC : Elles ont fait au moins 49 morts, en grande partie des policiers. L'une de ces attaques, dans l'ouest d'Aden, a été revendiquée par la rébellion houthie. Elle visait une caserne de policiers qui venaient de terminer leur formation. L'autre a été menée à la voiture piégée contre un quartier général des forces de l'ordre à Aden. Des responsables de sécurité accusent des jihadistes.

SD : Hong Kong se prépare à un nouveau week-end de manifestations.

MC : Ce week-end s'annonce risqué pour les manifestants. La justice a décidé de poursuivre 44 personnes qui avaient participé aux rassemblements de dimanche. Elles risquent jusqu'à dix ans de prison. Et l'armée chinoise a lancé un avertissement aux Hongkongais en publiant une vidéo, dans laquelle elle montre tous ses moyens. Cela va du canon à eau aux lance-missiles. Malgré tout, les militants, qui défendent l'autonomie de Hong Kong, sont mobilisés et ils reçoivent un grand soutien des habitants de l'île. Le reportage de notre envoyé spécial, Zhifan Liu.

Dans le quartier de Mong Kok, un des plus commerçants de l’archipel, plusieurs jeunes font le pied de grue devant l’entrée d’un parking sous-terrain. Ils fuient la pluie, qui tombe sans arrêt depuis plusieurs jours, mais surtout ils tentent d’échapper aux fourgons de police qui tournent dans le quartier depuis plusieurs minutes. Sur les réseaux sociaux, les manifestants ont organisé une collecte pour aider les protestataires à s’équiper avant ce week-end. « On ne sait pas qui sont les donateurs, nous sommes tous anonymes. Bien sûr, nous sommes très heureux de voir de nombreux Hongkongais, quel que soit leur âge. Il y a des étudiants, des ouvriers, même des personnes âgées. Ils veulent tous nous donner du matériel et de l’argent. Parce que la plupart d’entre nous sommes étudiants et nous n’avons ni argent ni salaire pour subvenir à nos besoins pour les manifestations. Donc, nous sommes très heureux de voir autant de gens nous soutenir. » Gants, masque de protections, lunettes, casques, tout est bon pour se prémunir des affrontements de plus en plus intenses avec les policiers. C’est aussi une autre façon pour certains Hongkongais de participer à la cause. « En tant que Hongkongaise, je veux montrer mon soutien à tous ces jeunes, pas seulement les jeunes, mais tous les Hongkongais qui défilent dans les rues. Nous sommes menacés de nos jours, mais je ne peux pas être offensive dans les rues comme eux peuvent l’être. Je n’ai pas ça en moi. Je veux juste pouvoir apporter ce que je suis en mesure d’apporter et leur donner mon soutien, de manière plus sûre. » Ce soutien ne sera pas de trop avant ce week-end qui s’annonce une nouvelle fois chargé. Plusieurs manifestations sont prévues, et nouveauté, des fonctionnaires ont rejoint le mouvement et devraient défiler dans les rues, provoquant la colère de leur gouvernement. Zhifan Liu, Hong Kong, RFI.

SD : Donald Trump relance la guerre commerciale avec la Chine.

MC : Le président américain a annoncé qu'il allait imposer des taxes douanières de 10 % sur les 300 milliards d'importations chinoises, qui jusque-là n'étaient pas taxées. Cela signifie que la Chine devra payer cette taxe pour vendre ces produits aux États-Unis. Donald Trump a expliqué sa décision : la Chine n'a pas, selon lui, respecté certaines promesses.

SD : L'actualité africaine avec un quatrième cas d'Ebola à Goma, la grande ville du nord-est de la République démocratique du Congo.

MC : Il s'agit d'une femme, dont le mari est mort de la maladie. Hier, la fille de ce couple a testé positive au virus. Le Rwanda voisin a décidé de fermer sa frontière durant huit heures avant de la rouvrir.

SD : Le voile intégral est désormais interdit aux Pays-Bas dans les écoles, les hôpitaux, les bâtiments publics et les transports en commun.

MC : On l'appelle aussi burqa ou niqab. Il couvre l'ensemble du corps de la femme, sauf ses yeux. Un député anti-islam avait présenté un texte de loi, il y a une quinzaine d'années. Mais le débat a été très long avant que cette loi ne soit votée. Elle est appliquée depuis ce jeudi. Les précisions de Laxmi Lota.

Les contrevenants risquent une amende de 150 euros. Le port du voile intégral reste possible dans la rue sauf dans les transports en commun. Mais le réseau des bus, tram, train ou métro annonce que les chauffeurs n'arrêteront pas leur véhicule pour faire descendre une femme en infraction, car cela entraînerait des retards. Pas de vêtement couvrant le visage également dans les établissements de soin. Là encore, plusieurs hôpitaux du pays déclarent qu'ils « ne refuseront pas de prodiguer des soins à qui que ce soit, peu importe les vêtements portés ». Selon le ministère de l'Intérieur néerlandais, c'est aux employés des écoles, des hôpitaux, des institutions et aux chauffeurs de refuser l'accès à une femme portant un voile intégral ou d'appeler la police. Selon les estimations, sur 17 millions d'habitants, entre 200 et 400 femmes portent ce vêtement aux Pays-Bas. La loi va plus loin en France : le voile intégral est interdit dans tout l'espace public depuis 2010. La Belgique, le Danemark et l'Autriche ont adopté la même législation. Laxmi Lota, Bruxelles, RFI.

SD : Un bateau de secours bloqué au large de l'Italie.

MC : Cette fois, il s'agit de l'Alan Kurdi, navire de l'organisation allemande Sea-Eye. Il a secouru hier 40 migrants près de la Libye.

SD : Les footballeurs professionnels jouent trop souvent, c’est dangereux pour eux. C'est la conclusion d'un rapport publié aujourd'hui par la Fifpro, le syndicat mondial des joueurs de foot.

MC : Ce rapport se base sur plusieurs études scientifiques. Les joueurs n'ont pas assez de jours de repos entre deux matches. Les risques de blessures augmentent. La Fifpro réclame d'urgence une réorganisation du calendrier. Les précisions de Frédéric Suteau.

78 matches de joués entre mai 2018 et juin 2019 pour le Sud-Coréen de Tottenham, Son Heung-min. Sadio Mané, sur la jante également. Depuis le Mondial 2018, le Sénégalais a enchaîné 70 matches : toute la saison avec Liverpool, couronnée par le titre de champion d'Europe, mais aussi l'épopée égyptienne, la CAN en Égypte où le Sénégal n'a cédé qu'en finale. « La saison de Sadio Mané aura duré 13 mois », s'est emporté il y a dix jours l'entraîneur de Liverpool, Jurgen Klopp. 13 mois de foot pour deux semaines de vacances seulement, car en Angleterre comme en France, la nouvelle saison, le championnat, débute dès la semaine prochaine. La Fifpro, dans son rapport, décortique tous ces chiffres. Les dizaines et dizaines de milliers de kilomètres parcourus en avion également, les décalages horaires, les blessures et les soucis musculaires de plus en plus fréquents... Le syndicat mondial des joueurs tire la sonnette d'alarme et propose quelques idées fortes : une période obligatoire de repos de quatre semaines l'été et de deux semaines l'hiver, cinq jours de repos au minimum entre deux rencontres ou encore un quota maximal de matches qu'un joueur aurait le droit de jouer par année. « La protection des joueurs doit être une priorité », conclut la Fifpro. Mais comment se faire entendre quand la FIFA et l’UEFA planchent dans le même temps sur de nouveaux formats de compétitions où il y aurait toujours et encore plus de matches à disputer ?

MC : Une découverte incroyable, celle d’un nouveau système solaire. Et parmi les planètes qui la composent, l'une d'elles pourrait être habitable. D'autres études vont être menées pour voir si la vie peut s'y développer ou pas.

Merci Sébastien Duhamel.

SD : Merci Marie.

MC : Ce journal est à retrouver sur savoirs.rfi.fr.



Voir le flux - 01/08/2019 20:30:09

Fermeture de la maison de couture Sonia Rykiel

Chaque semaine, entraînez-vous avec une série d'exercices autour d'un fait de l'actualité extrait du Journal en français facile.


Voir le flux - 01/08/2019 13:46:02

Panel

Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les préconisations du « panel des médiateurs » en Algérie sont mal vues par le chef d’état-major qui dirige le pays en ce moment. Il rejette ces suggestions et il est très soupçonneux à l’égard de ce collectif de sept personnalités, qui se sont proposées pour établir un lien, une médiation, puisqu’ils se présentent comme des médiateurs entre le pouvoir et les manifestants.

Ce mot de panel est ici utilisé dans un contexte politique, avec un sens qui renvoie à la diversité de tendances représentées par ces personnalités. Ce n’est pas une première, mais le mot se rencontre en général dans d’autres situations, notamment dans des enquêtes d’opinion. On est donc dans le vocabulaire de la statistique.

Un panel en effet désigne un certain nombre de personnes sélectionnées pour s’exprimer sur des sujets précis. Et ces personnes, on les a choisies, parce qu’on trouvait qu’elles représentaient bien un ensemble plus important. Comme si elles reflétaient toute une population : on y trouve la même proportion d’hommes et de femmes, d’agriculteurs et de retraités, de chômeurs et de cadres supérieurs, d’électeurs de droite, du centre et de gauche, d’urbains et de ruraux… On constitue donc un genre de société en miniature, censée être l’image fidèle, bien que réduite de la société réelle. On tente, à partir d’un groupe assez restreint, mais minutieusement choisi, de comprendre comment vivent, pensent, réagissent des millions de gens.

Ce mode d’approche dérive tout droit des enquêtes sociologiques, dont la pratique a importé le mot en français dans les années 50. On a donc constitué des panels de consommateurs pour savoir ce que les gens étaient prêts à consommer, à dépenser ; ce dont ils avaient envie, et ce qu’ils rejetaient. Cela peut servir à faire des sondages sur une élection à venir, mais aussi à savoir comment et à qui vendre une eau minérale ou des services bancaires.

Le mot a été emprunté à l’Amérique de l’après-guerre, mais son origine lointaine est française : on l’entend bien, panel vient de panneau, ce qui évoque l’image de ce qu’on déplie, qu’on déploie. En fait, on comprend mieux l’histoire du mot en se souvenant que dans l’Angleterre du 14e siècle, le « pan » désigne le document sur lequel on écrit le nom de tous les membres d’un jury. Il a donc fini par désigner le jury lui-même, et l’on sait que l’ensemble des jurés d’un tribunal, qu’ils soient ou non tirés au sort, incarne la justice populaire. Il est donc censé représenter le pays tout entier, souverain, et réduit à l’opinion d’une douzaine de personnes. On la tient déjà, cette idée du modèle réduit à l’image de la réalité grandeur nature.

Alors d’autres mots, moins sociologiques peuvent être utilisés : l’éventail, belle image, mais qui n’a pas de caution scientifique. Ou l’échantillon, qui lui en a beaucoup plus, et qui à l’origine évoque la petite quantité qui est à l’image de la grande. Comme un échantillon de tissu, qui permet de se faire une idée de la qualité, de la texture et du coloris.

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Voir le flux - 01/08/2019 09:30:11

Journal en français facile 31/07/2019 20h00 GMT

Transcription

Marie Casadebaig : Bonsoir et bienvenue dans votre journal en français facile. J'ai le plaisir de le présenter avec Sébastien Duhamel. Bonsoir Sébastien.

Sébastien Duhamel : Bonsoir Marie, bonsoir à tous.

MC : À la Une de l'actualité, un accord européen pour accueillir 116 migrants. Ils étaient bloqués à bord du Gregoretti, au large de l'Italie. Le ministre de l'Intérieur refusait de les laisser descendre sans cet accord.

SD : Le débat de la primaire démocrate, deuxième épisode. Dix nouveaux candidats vont s'affronter devant les caméras de la chaîne CNN. Pour Joe Biden, l'ex-vice-président, c'est l'heure de la revanche. Il peut faire mieux que la dernière fois.

MC : L'ancien patron de la marque automobile devant la justice allemande. Il pourrait être le premier responsable à être jugé pour le scandale du dieselgate.

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SD : Cela faisait une semaine que le bateau, le Gregoretti, était bloqué au large de la Sicile avec 116 migrants à bord. Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur, interdisait que ces personnes entrent sur le territoire italien sans un accord européen pour leur accueil.

MC : Et bien, ça y est, un accord a été trouvé et ces 116 personnes ont pu enfin débarquer en Italie. La France, l'Allemagne, le Portugal, l’Irlande et le Luxembourg acceptent de les accueillir. L'Église italienne en prendra également certains en charge. Pour l'heure, ces personnes, qui ont quitté la Libye la semaine dernière, ont été dirigées vers le centre d'accueil de Pozzallo, où l'administration doit vérifier leur identité, Juliette Gheerbrant.

L'office français pour les réfugiés et apatrides, l'Ofpra, doit se rendre rapidement en Sicile pour étudier la situation des migrants. Car la France a accepté d'accueillir 30 personnes pourvu qu'elles soient susceptibles d'avoir droit au statut de réfugié et ne soient pas des migrants économiques. Le nombre exact de personnes accueillies reste donc à confirmer. La Commission européenne, de son côté, n'a pas fourni de détail sur la répartition des migrants entre les autres pays volontaires. Mais l'Église italienne a annoncé qu'elle prenait en charge plus de la moitié des rescapés. Déjà, il y a un an, lors de la crise du navire des garde-côtes, le Diciotti, qui avait ouvert le bras de fer entre Rome et Bruxelles, l'Église avait joué un rôle déterminant. Le premier pas réalisé la semaine dernière à Paris vers une coordination systématique d'accueil entre pays volontaires n'a pas empêché que les migrants et les garde-côtes restent près d'une semaine bloqués en mer. La crise est loin d'être résolue, l'ONG Sea-Eye a secouru mercredi 40 personnes au large de la Libye. Et sur Twitter, Matteo Salvini a prévenu qu'il avait déjà signé un décret interdisant au navire Alan Kurdi d'accoster en Italie.

SD : Juliette Gheerbrant.

En République démocratique du Congo, un deuxième malade atteint par la fièvre Ebola est mort à Goma, la grande ville du nord-est.

MC : L'homme, venu d'un village de la province de l'Ituri, s'est rendu dans un centre de santé, mais il était trop tard.

SD : Au Soudan, le procès de l'ex-président Omar el-Béchir s'ouvrira le 18 août à Khartoum.

MC : Il est accusé de posséder illégalement de l'argent étranger et d'avoir utilisé l'argent de l'État pour ses propres besoins.

SD : Aux États-Unis, la deuxième partie du débat pour la primaire du parti démocrate a lieu ce soir. Il s'agit toujours du processus pour désigner qui sera le candidat du parti pour l'élection présidentielle de 2020.

MC : Hier, ils étaient déjà dix candidats à participer à un débat diffusé sur la chaîne de télévision CNN. Les dix autres ont rendez-vous ce soir pour une nouvelle soirée d'échanges. Pour Joe Biden, c'est l'occasion de se rattraper. De faire mieux que lors des premiers débats en juin. L'ex-vice-président de Barak Obama avait été surpris et donc gêné par les propos de l'une de ses rivales, l'ex-procureur, Kamala Harris. Romain Lemaresquier.

Il l’a promis : « je serai plus agressif ». Joe Biden compte bien se racheter après un premier débat raté, ce que n’ont cessé de lui rappeler ses détracteurs. Attaqué sur la question raciale, le favori des sondages avait peiné en juin dernier. Une piètre prestation dont il souffre encore aujourd’hui les conséquences, puisque l’ancien vice-président de Barack Obama peine à lever des fonds pour sa campagne. Les riches donateurs ne veulent pas se tromper de cheval et mise sur un candidat capable de battre Donald Trump en 2020. Ce que n’a pu démontrer Joe Biden lors du premier débat. D’où cet engagement à se montrer plus réactif, plus agressif pour enfin attirer vers lui les gros donateurs. Face à lui, il aura une adversaire de taille. Kamala Harris excelle dans cet exercice comme elle l’a démontré en juin dernier. Agressive, persuasive, elle mène une campagne qui surprend les Américains, mais n’arrive pas pour autant à décoller dans les sondages. Ce soir, elle partagera notamment le plateau télévisé avec un certain Cory Booker. Le sénateur du New Jersey, qui plafonne à moins de 5 % d’intentions de vote, veut profiter de cette estrade pour rattraper son retard, de peur de ne plus être en mesure de poursuivre l’aventure, tout comme les sept autres candidats qui débâteront ce soir, à Détroit.

SD : Romain Lemaresquier.

La Banque centrale américaine a baissé son principal taux d'intérêt. Cela signifie que les banques et ensuite leurs clients pourront emprunter plus facilement de l'argent.

MC : C'est la première fois depuis 2008 que la Banque centrale des États-Unis fait cela. Elle espère que cela va favoriser la croissance économique du pays.

SD : En Afghanistan, un attentat a tué au moins 34 personnes. Leur car a roulé sur une bombe dans le sud-ouest du pays. La présidence afghane a aussitôt accusé le groupe terroriste des talibans.

MC : Cette attaque survient alors que le négociateur américain a laissé entendre qu'un accord était proche entre les États-Unis et le groupe armé. Washington espère obtenir l'arrêt des violences en échange du départ des soldats américains d'Afghanistan.

SD : Porto Rico a un nouveau gouverneur.

MC : Le secrétaire d'État Pedro Pierluisi va occuper le pouvoir jusqu'aux élections de novembre 2020. Ricardo Rossello l'a nommé près d'une semaine après sa démission. De nombreux manifestants avaient réclamé son départ après un scandale de corruption et des messages homophobes.

SD : Les États-Unis insistent pour que les Européens participent à la protection du détroit d'Ormuz, entre l'Iran et les Émirats arabes unis. C'est un passage stratégique pour les bateaux.

MC : Ces dernières semaines, les tensions ont augmenté dans la région avec des attaques contre des navires britanniques transportant du pétrole. Les États-Unis accusent l'Iran d'être responsable de ces attaques, mais les autorités iraniennes démentent. Elles affirment qu'elles n'y sont pour rien. Une porte-parole de l'ambassade américaine à Berlin annonce que Washington a officiellement demandé à l'Allemagne de s'unir à la France et à la Grande-Bretagne pour aider à protéger le détroit d'Ormuz et « combattre l'agression iranienne ». Mais cette demande a été accueillie avec des réserves à Berlin, Anastasia Becchio.

Les réticences les plus vives viennent des socio-démocrates du SPD. Le partenaire de coalition du gouvernement Merkel affiche clairement son opposition à l’idée d’une mission dans le détroit d’Ormuz. Le vice-chancelier et ministre des Finances résume l’état d’esprit : « je suis sceptique et je pense que ce scepticisme est largement partagé », a dit Olaf Scholz à la chaîne de télévision ZDF. Il estime qu’une mission militaire commune porterait « le risque d’être aspirée dans un conflit plus large ». En fin de semaine dernière, le chef de la diplomatie allemande, lui aussi membre du SPD, avait déjà fait part de ses réticences : « nous ne prenons pas part à la stratégie américaine de la pression maximale », a assuré Heiko Maas, dans un entretien avec le groupe de presse régional Funke. Du côté de la CDU, il y a aussi des réserves : un responsable du parti conservateur de la chancelière et spécialiste des questions étrangères, Norbert Röttgen, avertit : « la réponse à cette crise doit être européenne et définie indépendamment des demandes américaines ». De son côté, la ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer, qui est aussi la chef de file de la CDU, affirme qu’il faut « examiner scrupuleusement toutes les demandes de soutien ». Elle doit rencontrer aujourd’hui le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

SD : Le procès de Rupert Stadler sera peut-être le premier procès d'anciens responsables de l'industrie automobile en Allemagne, liés à l'affaire du dieselgate.

MC : Le groupe Wolkswagen, qui regroupe plusieurs marques, est accusé d'avoir menti sur la pollution produite par leur voiture utilisant du diesel. L'ex-patron de la marque Audi a été renvoyé ce matin devant la justice allemande. Rupert Stadler et ses collaborateurs risquent de lourdes peines de prison. Pascal Thibault.

Il a dirigé pendant onze ans une des plus grandes entreprises automobiles allemandes avec un chiffre d’affaires annuel de 60 milliards d’euros et 90 000 salariés. Le printemps 2018 a sonné le glas de la carrière de Rupert Stadler. Après des perquisitions de la justice notamment à son domicile privé, le PDG d’Audi est placé, il y a 13 mois, en détention provisoire. Quatre mois plus tard, il est libéré moyennant le versement d’une caution. Entre-temps, il a été remercié par le groupe Volkswagen, la maison mère d’Audi. La décision de la justice de le renvoyer devant la justice avec trois autres cadres de l’entreprise pourrait permettre l’ouverture du premier procès pénal en Allemagne en liaison avec le dieselgate, le scandale entourant des moteurs diesel truqués par les constructeurs pour limiter artificiellement leurs émissions polluantes. La justice reproche à Rupert Stadler d’avoir continué à vendre 434 000 véhicules diesel des marques Audi, Porsche et Volkswagen équipés de moteurs truqués. Le dieselgate avait éclaté en septembre 2015 chez Volkswagen. L’Agence américaine de l’environnement avait accusé le premier constructeur mondial d’avoir équipé 11 millions de véhicules diesel de logiciels faussant les tests de pollution.

MC : C’est la fin de ce journal en français facile à réécouter sur savoirs.rfi.fr.



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