Contextualiser un portrait

MonaLisa_sfumatoAu-delà de la représentation portée sur la toile, l’enseignant peut faire travailler ses élèves sur le contexte du portrait, en organisant par exemple des activités de recherches documentaires basées sur les indices peints par l’artiste et le cartel associé à l’œuvre.

© Mona Lisa, Leonardo da Vinci. 1503 – 1506

Voici des pistes à approfondir :

Quelles ont été les conditions de la création de ce tableau ? Est-ce une commande ? Est-ce destiné à l’usage privé ? Public ?
Au moment de la création de la toile, quelle est la position de l’artiste dans la société de son temps ? Débute-t-il ? Est-il reconnu ? Fait-il parti des favoris du pouvoir en place ou bien est-il en retrait dans la société ?
À cette époque, quels sont les systèmes politique, économique et social existants ?
Quel est le contexte culturel, musical, théâtrale, littéraire ?
De quel pays est issu l’artiste et en ce temps, quels étaient les rapports culturels entretenus avec les autres pays ?
Cette œuvre peut-elle être mise en rapport avec d’autres œuvres du même artiste, d’autres artistes ?

Le parcours consacré à l’art indique les ressources utiles pour ce type de recherches.

Cet enrichissement historique, culturel et sociopolitique de l’œuvre pourrait donner lieu à un projet transdisciplinaire en collaboration avec d’autres professeurs de l’établissement. Les productions faites à partir des recherches menées dans ce cadre peuvent tout autant être orales (jeu de rôle « Visite au musée », exposé…) qu’écrites (article, récit imaginaire, conversation…).

Voici par exemple les impressions d’une élève italienne qui a rédigé dans le cadre du projet « Les Lumières » un commentaire portant sur La Pourvoyeuse, de Chardin. Elle évoque cette servante qui fait « changer les mentalités » car cette toile représente « une révolution dans l’art : des domestiques deviennent les sujets des tableaux… » :

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© Musée du Louvre/A. Dequier – M. Bard

« Le personnage principal du tableau de Chardin est une servante. Par rapport à son époque, on peut dire que ce sujet représente l’esprit des Lumières. Ce fait me parait exceptionnel ! Le monde allait changer sans que les gens s’en aperçoivent ! La Révolution française semblait déjà être accomplie, avant qu’elle ne se fasse ! Chardin, avec ses sujets simples, me parait un révolutionnaire « silencieux et discret ». Pour cette raison la servante est choisie plutôt qu’une dame ; le thème central est donc celui de la simplicité et pas de la richesse. Le tableau représente une scène ordinaire : la servante vient de faire ses courses, en effet elle a des sacs pleins de provisions. Elle est habillée modestement car elle se trouve dans la cuisine où elle va tout déposer. Son visage n’est ni triste ni pathétique, mais intime et tranquille. C’est par la valorisation du quotidien, avec des objets comme du pain et des bouteilles, que l’on peut évoquer les sensations les plus simples. Le siècle des Lumières fera entrer l’Europe dans une nouvelle époque illuminée par la raison, la science et le respect de l’humanité. A cette époque là on comprend que c’est Notre expérience sensitive qui nous fait comprendre le monde donc les sens sont au centre de la connaissance. Il y a cette idée aussi dans ce tableau de Chardin : les objets, pas précieux mais ordinaires, expriment une harmonie et une certaine sensualité. C’est justement cette harmonie des couleurs et des images, qui exprime la matière des objets ; c’est-à-dire qu’elle fait ressortir les sensations par la forme des objets et par leur simple présence. »

 

 

Rédaction : Elodie Ressouches, en collaboration avec Magali Simon, musée du Louvre
Première publication : 14/12/07