Logorallyes et autres activités – A1, A2, B1, B2, C1

nuagedemotsVoici quelques pistes d’activités pour jouer avec les mots en classe de FLE.


Logorallyes | Croissant | Acronymes | Anagramme | Pastiche | Centon


Logorallyes

Vous connaissez peut-être déjà le jeu lancé il y a quelques années par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France autour de la sélection de dix mots pour célébrer la Semaine de la langue française et de la francophonie.

Cette année, pour célébrer le centenaire de la mort de Jules Verne, la dixième édition a pour thème « le français, langue de l’aventure scientifique ». Les traditionnels dix mots ont donc été choisis par des scientifiques francophones et voici la sélection : ondelette, variation, complexité, élémentaire, cristal, miroir, désenchevêtrement, rayonnement, hélice, icône etordinateur.

Le logorallye est aussi basé sur une sélection de dix mots choisis ou tirés au sort : le but est de les intégrer dans un texte, tout en produisant un texte cohérent. Ce jeu demande donc de l’imagination et de la rigueur.


Croissant

Dans la série des textes à contrainte, le croissant consiste à composer des phrases dont le nombre de lettres va croissant.

Par exemple : « A la rue Piat, allez suivre Coralie »

L’exercice est plus difficile qu’il n’y paraît !


Acronymes

Un acronyme est une suite de lettres majuscules composée des initiales des mots d’une expression. Il en existe beaucoup et certains sont internationaux. Cependant, on trouve des variations selon la langue ! Ainsi, O.N.U. existe dans les langues romanes : Organisation des Nations Unies en français, Organização das Nações Unidas en portugais, Organizacion de Naciones Unidas en espagnol, Organizzazione delle Nazione Uniti en italien et Organizatia Natiunilor Unite en roumain. En revanche, c’est U.N.O. que l’on trouve en anglais : United Nations Organization. On retrouve la même chose pour O.T.A.N. / N.A.T.O.

Dans les textes contemporains, des paroles de chansons aux articles de journaux, les lecteurs relèvent de très nombreux acronymes qui parfois posent des problèmes de compréhension. SNCF, RATP, RMI ou encore NDLR et RSVP font partie du langage courant mais le contexte ne permet pas toujours de les élucider (voir ci-dessous pour les expressions entières !*).

Pour vous aider, voici deux moteurs de recherche spécialisés dans les acronymes. Le premier est le moteur anglophone Acronym finder, dont la large base de données comprend des expressions issues de plusieurs langues.

Le second est sur le site du ministère de l’Education nationale français et propose notamment des expressions très spécialisées.

De nombreuses exploitations des acronymes sont envisageables. Pour commencer, vous pouvez faire travailler vos étudiants sur des acronymes connus dans votre pays. Le but est alors de leur donner une signification en français.

Autre possibilité : sélectionnez des acronymes couramment employés en France et proposez aux élèves de trouver une expression correspondante en français, qui soit vraisemblable ou humoristique. Cela peut donner l’occasion d’un petit concours, en individuel ou par groupe. Vous leur révèlerez ensuite la signification réelle des lettres.

L’intérêt de ces activités est de faire travailler le vocabulaire de manière ludique. Les acronymes les plus réussis seront sans aucun doute retenus par les apprenants, qui apprendront dans la foulée de nouveaux termes. Les acronymes permettent aussi de se familiariser avec la culture quotidienne d’un pays.

Autre piste : demander aux élèves de créer une expression à partir de leur propre prénom, comme s’il s’agissait d’un acronyme.

* SNCF : Société Nationale des Chemins de Fer
RATP : Régie Autonome des Transports Parisiens (métros, bus, tramways…)
RMI : Revenu Minimum d’Insertion
NDLR : Note De La Rédaction (dans les journaux)
RSVP : Répondez S’il Vous Plait


Anagramme

Une anagramme est un mot qui contient les mêmes lettres qu’un autre mais dans un sens différent. Par exemple, les anagrammes de « marche » sont « mâcher » et « charme ». Il existe aussi des anagrammes qui dépassent le cadre du mot et sont de véritables phrases.

Voici quelques exemples tirés de l’ouvrage Les Poules du couvent couvent : Les curiosités du français de Thierry Leguay (Mots et Cie, 1999) : « L’aspirine est indispensable au Parisien, le chien, bien sûr, aime sa niche, au Sénat, tous n’ont pas la santé, les singes ne connaissent finalement que très peu de signes, l’utopie n’est-elle qu’une espèce de toupie séduisante et vaine ? »

De nombreux auteurs ont employé comme pseudonyme une anagramme formée à partir de leur véritable nom. Ainsi, Marguerite de Crayencour est devenue Marguerite Yourcenar et François Rabelais a parfois signé Alcofribas Nasier. Paul Verlaine s’est donné le surnom de Pauvre Lélian. Et pour Boris Vian il s’agit de Bison ravi ! Le surnom n’est pas toujours tendre ; Salvador Dali a été associé à Avida Dollars…

A partir du procédé de l’anagramme, il est possible de proposer des activités.

Créer des anagrammes, même dans sa propre langue, est en général très difficile, aussi dans le cadre de l’apprentissage d’une langue, il vaut mieux proposer d’autres types d’activités. Vous pouvez par exemple soumettre une liste de mot à vos étudiants et leur faire découvrir quels sont les groupes d’anagrammes.

Plusieurs sites proposent des « moteurs d’anagrammes ». Sur capeutservir.com, la chaîne « francparler » se transforme en de nombreux mots de sept lettres tels que « carrare » et bon nombre de verbes à la troisième personne du passé simple et du futur simple : « parlera », « placera », « préfaça » ou encore « relança ».

Si les étudiants ou l’établissement disposent d’internet, chacun peut rechercher les anagrammes de son nom. Pour Svetlana, on obtient par exemple « natales », « navales », « valsant », « valsent » ou encore « savante » ! Les apprenants seront fortement motivés pour rechercher la signification des termes trouvés et parfois aussi les analyser, comme ci-dessus pour le participe présent « valsant » et le verbe à la troisième personne du pluriel au présent de l’indicatif « valsent ». Et voilà des révisions grammaticales bien accueilles !

Avec la fonction « Le mot le plus long » du même site, on obtient des mots de différentes longueurs utilisant les lettres de son choix.

Toujours pour Svetlana, on trouve « savane », « vents », « atlas » ou encore « levant ».

Sur le site de Stéphane Barbery, vous trouverez deux autres concepteurs d’anagrammes qui fournissent des listes très complètes :
– la version légère (petit dictionnaire)
– la version lourde (gros dictionnaire)


Pastiche

Le pastiche est l’art d’écrire un texte plus ou moins long (certains ont réalisé des romans !) en imitant le style d’un auteur. Les intentions du pasticheur peuvent être diverses : rendre hommage à un écrivain, au contraire s’en moquer par une satire ou encore créer un texte dans l’intention de tromper les lecteurs, les critiques… un peu comme une copie de tableau.

Certains auteurs et textes littéraires sont une véritable invitation à l’écriture : leur structure très caractéristique peut être facilement reprise et détournée. Il s’agit donc d’écrire « à la manière de ». Ainsi, les fables de Jean de la Fontaine sont souvent pastichées. Même avec d’autres mots, il est en effet facile de reconnaître leur structure et leur chute si caractéristiques.

On trouve sur internet d’innombrables pastiches d’auteurs variés, des plus contemporains (Christine Angot, Marguerite Duras…) aux plus classiques (un étonnant pastiche argotique de Phèdre sur le site languefrancaise.net).

Pour en savoir plus sur cette écriture très spécifique, consultez les nombreux articles en ligne de « Pastiche et parodie – De l’art du détournement« , le n° 788 de la revue Textes et Documents pour la Classe.

Sur le site de Stéphane Tufféry, pasticheur lui-même, vous trouverez une intéressante « Petite histoire du pastiche dans la littérature française« .


Centon

A la différence des citations, les passages réemployés ne sont pas cités comme tels. On trouve aussi ce procédé dans la musique.

Dans une perspective culturelle, vous pouvez proposer à vos étudiants de déconstruire un centon déjà fait ou bien d’en écrire un eux-mêmes à partir de poètes ou d’auteurs étudiés au préalable. Ce travail peut prendre place dans l’étude d’un écrivain, d’un mouvement ou encore d’une époque. Il peut aussi s’agir du mélange de vers issus de textes très différents (par exemple des textes ou des poèmes d’écrivains francophones d’origines diverses).

Ainsi, les élèves du CM1 Rouge du lycée franco-libanais de Tripoli au Liban ont composé ce centon avec des poèmes de Joachim du Bellay, Paul Verlaine, Jean Rousselot, Théophile Gautier, Gérard de Nerval et Olivier du Magny. Auriez-vous deviné que ce poème est un patchwork de vers ?

« La merveille du jardin »

Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Sur le cresson de la fontaine
Où, en chantant je me promène.
Pas une feuille qui bouge,
Au bord de l’horizon rouge.
Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
J’offre ces violettes
Ces lys et ces fleurettes
Et ces roses ici
À nous deux. Ne sommes-nous point
La merveille de ce jardin ?

D’autres banques de textes :
ABU
Gallica (Bibliothèque nationale de France)

Rédaction : Elodie Ressouches